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Soirée SOS Racisme avec les Pohémiens

Publié le par Cheval fou (Sananes)

A tous ceux qui sont venus

 

Merci à vous d’être venus avec nous célébrer
cette commémoration de la douleur d’être homme
quand la société des marchands d’âmes
déclare certains d’entre nous hors communauté des humains,
quand l’internationale des profits les déclare marchandise
exploitable ou jetable.

Merci à vous d’avoir été là, à écouter et porter ce cri
et de vouloir avec nous faire résonner toutes les douleurs d’homme
jusqu’à ce que s’éveillent les consciences.

Chacun de nous doit porter sa voix de justice jusqu’au firmament de l’action,
car l'amour muet n'est qu’une eau de silence.
L’amour ne vit que dans son geste.

Alors, avec nous, aimez,
aimez plus grand que la résignation
aimez avec vos cœurs, vos mots, vos encres, vos musiques,
aimez à en refaire la vie.

Merci à vous d’avoir été des nôtres, hier soir.

 

Jean-Michel Sananès
Vice-président de SOS Racisme
Président de l'Association Poètes & Co.

Soirée SOS Racisme avec les Pohémiens
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Comme dit mon chat ! (Aphorisme)

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Mon chat dit
qu'il est triste de devenir vieux
avant d'avoir fini d'être jeune

Publié dans Comme dit mon chat

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Jean-Marc La Frenière

Publié le par Cheval fou (Sananes)

L’angélisme des fleurs amenuise la dureté du roc. De chaque odeur, un sentier se dégage. Quelqu’un en moi se met en marche. Le jour déborde entre deux pierres.
Extrait de "Comme des peaux d'oignon"
http://lafreniere.over-blog.net

 

Publié dans Ils disent

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Tuer les larmes

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Aujourd’hui 10 mai
Commémoration de l'Abolition de l'esclavage

 
En mémoire barbelée de douleurs
je navigue
dans les jardins de la mort
à remonte crime

Je sillonne
mille génocides
d’Est en Ouest, du Nord au Sud
de Tasmanie en Afrique,
d’Orient aux Amériques

Deux cents millions
de mes frères m’appellent

Je veux :
aucun oubli
pour tant de vies
entravées du poids de la mort

Je veux
six millions de vies
pour mes frères juifs

Je veux
trente millions de vies
pour mes frères rouges

Je veux
cinquante millions de vies
pour mes frères noirs

Je veux
aucun oubli
pour tant de vies
entravées du poids de la mort

Je veux
nos larmes mêlées aux leurs

Je veux
vos larmes mêlées aux miennes

Je navigue
en cap d’humanité
à défroisse malheur

Je veux
des pharmacies et des médecins
pour les enfants
pour leurs enfants
pour les peuples orphelins du monde

Nous devons tant de sang aux hommes
Nous devons tant de vies à la vie

JMS

in- Occident/Accident de conscience

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Ile Eniger : La part du pèlerin

Publié le par Cheval fou (Sananes)

La part du pèlerin

Dans quel monde vivons-nous qui ne sait – ne veut - rien voir, entendre, dire, qui ne soit sous la férule de la grande illusion ? La folie destructrice de l'homme court à son apogée. Indifférente, laxiste, accommodante. Partout des leurres. Le culte suprême du plaisir, ronge. Il n'y a pas de petits écarts, même les plus anodins (ceux que l'on s'accorde comme les plus anodins), modifient la vie. Chacun est vecteur de la route. Rien ne peut changer sans décider de faire d'abord en Soi. La part du pèlerin. Le monde va mal parce l'humain va mal. A mal fouler le raisin, le vin vire au vinaigre. Aucun discours, velléités, duperies, réseaux miroirs aux alouettes, ne réparent la part manquante. Seuls les actes d'un simple amour journalier cultivent le meilleur pour tous. C'est par l'infinie transparence et la proximité d'êtres qui s'aiment que la vie sera aimante ou ne sera pas. Nous sommes responsables du monde que nous laisserons à nos enfants, nous sommes responsables des enfants que nous laisserons au monde. Voilà pour la réflexion du jour ! Maintenant, je me rends au silence des arbres, à la messe des herbes dans le grand champ naturel. Leurs présences sûres, réconfortantes. Allons, le jour a ouvert sa galerie d'art, la gratuité de la merveille donne le vertige. Le bon vertige. Celui qui ouvre le travail d'équilibre. Nous avons le monde que nous méritons. Le labourage à ensemencer commence dans l'âme de chacun. C'est dans la rencontre exacte du vertical et de l'horizontal que le point de conjonction met en place la levure du vivre dans la joie. L'amour est une terre cultivable.

Ile Eniger - Le monastère de l'instant - (A paraître)

http://insula.over-blog.net/

Publié dans Ils disent

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Les mots

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Les mots n’ont pas de prix  
ils ont la taille et la dimension
de la lumière qu’ils contiennent
 
Ils étincellent comme des éclats de cristal
quand le verbe cisèle l’amour

Chaque mot est noyau d’univers
chaque pensée qu'il contient
est parcelle du tout


Les mots ont la largeur du vent
l’étroitesse de la haine
l’immensité de la passion
la hauteur du projet


Ils sont à la taille du temps
aucun livre ne les enferme

Chaque mot est un cri
qui défie le néant
chaque mot porte plus loin que lui


Jamais je ne vénèrerai
les mots qui excluent l’autre
seul le mot respect est mon maître

lui seul m'enseigne la certitude d'être en paix avec l’univers
lui seul m'affirme que je n'ai d’autre boussole que ma conscience

 

J’ai l’intime conviction que je serai en paix avec l’univers
tant que je n’aurai d’autre boussole que ma conscience.

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Bruno Odile "LA COLLINE AUX CIGALES"

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Devenir, c’est avoir été.

Tout est invisible pour mes sens. Je me construis dans la lumière qui agonise. Dehors, c’est ici et maintenant. Mon chagrin sculpte les osselets de la mémoire, des os s’entrechoquent dans un épais brouillard. Le grand chapelet de tes sourires s’éteint sous mes doigts. Mon refuge ressemble à la dispersion de tes cendres. Incertain de moi-même, j’habite un temps la porte qui nous sépare. Ma raison a longtemps traficoté avec les faussaires de la perte, étayant le moindre recoin d’abstinence. Le souffle interrompu n’a rien d’une cicatrice, je respire des flaques de poussière recouvrant ton prénom. Nous avons laissé derrière nous un grimoire de silence, une auge à demi camouflée de prétentions inassouvies. Nous n’avons pas pu terminer et c’est cela qui grince dans mes poumons. C’est cette sensation d’arrachement avant le terme qui lamente mon désir. Je t’ai perdue en plein cœur de mon évolution et cela nuit à l’affranchissement de mon âme. A mon tour de fermer les paupières et d’accabler la défaite. J’ai perdu le goût où s’éventrent les sentiments. Je n’ai conservé de toi que la route qui mène à demain. Sur le chemin aux hautes courbes, mon cœur s’est retourné contre le tien, mon amour palpite et tu ne dis plus rien. Le sol est habitable autant que le vide qui semble de l’air. Je ne pars pas, je reviens. 

Le passé toujours nous rattrape, nous sommes ce que nous avons vécu. Il n’y a pas d’ombre plus grande que l’expérience accumulée. Dans cette condition, oublier serait se détourner de soi. 

Je suis le résultat de ce chemin par lequel j’ai traversé le temps. Il convient dès lors d’accepter, d’intégrer et de digérer les heures avalées. Mon esprit et mon corps ont besoin d’une forme de cohérence pour entreprendre sereinement la route à venir.

Aujourd’hui est forcément un jour neuf à appréhender. Etre dans l’immédiat, c’est l’intégrer de tout ce qui résulte de soi sans occulter ses sens. C’est offrir à son appréciation tout ce qui nous est perceptible. C’est intégrer la mort, l’absence et l’inachevé de nous-mêmes pour faire feu de tout bois. Devenir, c’est avoir été. Sans cette notion capitale, l’oubli ne serait qu’une fuite et une parade. Nos fantômes sont des trésors. Des braises toujours prêtes à la renaissance du feu.

L’attente a vécu ses justes moments. Celui du vent tissant vingt grammes de semence, celui du rêve qui se dégourdit les jambes. L’instant est net lorsqu’il frappe à ma porte. Mon cœur s’ébruite comme un violon sans corde que tes mains caressent dans l’ombre. Mon âme insomniaque rivalise d’éternité sous la fenêtre où ton visage fait les cents pas. Le goût des jours heureux n’a pas de posture, il salive dans la mémoire bernée par les heures qui s’enchevêtrent les unes aux autres.

- Bruno Odile - Tous droits réservés ©

http://lacollineauxciga.canalblog.com

Publié dans Ils disent

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Comme dit mon chat ! (Aphorisme)

Publié le par Cheval fou (Sananes)


Mon chat dit :

si la pensée horizontale a la platitude d’une limande en hiver,

c’est que ses certitudes n’ont jamais trouvé leur fil d’aplomb !

Publié dans Comme dit mon chat

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Ile Eniger

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Un ours danse seul

Quand se perd le chemin, à la boîte à lettres du jour, l'enveloppe est vide. Des postures mesurées s'insèrent, elles évitent les cailloux, coupent les épines et les ongles. Les oiseaux, les arbres, tant de choses qui prendraient trop de place ici pour être énumérées, perdent leurs rêves par hasard, comme blanchissent les cheveux. La pluie égare son arrosoir, le chat ne parle pas, le ruisseau ne rit plus, le vent s'époumone pour rien, les poches renoncent à leurs trésors, les boutons s'accrochent aux chemises, les heures tombent du clocher sans toucher une oreille. Le vélo vert a perdu sa sonnette. Quand s'abandonne la marche sur le fil, la maison dans les airs, le livre ouvert et le pot de confiture, ne restent que les gestes raisonnables, les pensées prudentes, quelques photos figées sur la cheminée muette. La petite fille tresse ses nattes bien serrées, comme sa gorge. L'ébouriffant, cloué sur une porte de grange vide, décolore lentement. Ces jours de tiroirs bien rangés désertent les tapis volants, mangent la soupe froide, ne dessinent plus rien dans la buée des vitres. Triste, un ours danse seul, sur une place où personne ne s'arrête. Je rentre à la maison, l'écrire en soulève la poussière. Je me suis égarée tant et tant que le ciel paraît lourd, l'horizon brouillé. Une cisaille abrège les reliefs. Je peine dans l'herbe des vestiges. Les pierres de chemin sont indifférentes. Les ronces et les orties ont perdu leurs fleurs. Quelle est cette poisse qui retient mes semelles ? Cette brume qui floute ma destination ? Un chant de coq indique le matin ou la trahison. On ne revient jamais que de soi. On ne revient jamais qu'à soi.

Ile Eniger - Le monastère de l'instant - (à paraître)

http://insula.over-blog.net/

Publié dans Ils disent

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Jean-Marc La Frenière

Publié le par Cheval fou (Sananes)

On fait son trou

Tout doucement, on fait son trou. On se prépare à la neige, à la pluie, à la mort. Les bouquets de pervenches ne chantent plus qu’en habit de concierge. Le saule noie ses larmes sous son ciré de feuilles. L’herbe verte compte ses blessés. Les urubus et les vautours boivent la crasse des chiens morts. Les bouteilles qu’on couche paient pour la rançon du temps. La soif fait provision d’eau morte. Les trompettes du bonheur sont bouchées. Les toilettes débordent. De gros nuages noirs éclaboussent le ciel. La veilleuse blanche des harfangs mange de l’ombre. La rosée n’arrive plus à digérer l’espoir. Le bois des chaises se retient de pleurer. Le temps mâchouille ses atouts et les crachent à la hâte. La main ouverte aux songes a fermé ses caresses. Est-il déjà trop tard pour croire à la rosée, à l’abeille, à la brume ? Je m’ennuie de ce temps où l’homme labourait la terre pour qu’elle sache le nourrir, où les arbres se parlaient en oiseaux pour apprendre à aimer.

http://lafreniere.over-blog.net/ Publié dans : Poésie

Publié dans Ils disent

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