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En marge vivent les nuages

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Un autre jour

dans un autre temps

où les autres et l’oubli

sont comme ailleurs

où moi et les nuages

comme toujours semblent d’ailleurs

Un Cheval Fou s’éparpille

sur les berges du Temps

Les mots ne sont que des papillons dérisoires

que le temps agrafe aux murs des souvenirs

En marge sont les nuages

Le geôlier des mémoires

bâtit des citadelles de sable

rongées au cancer de l’oubli

Déjà s’effondrent les murailles

ôtant le goût du rêve et des folies

à celui qui broutait des nuages

Ici

comme ailleurs

ailleurs, comme partout

les rêves meurtris ne sont que des mirages

En marge, vivent les nuages.

 

jms

(in Cheval fou " aux Éditions Chemins de Plume)

 

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Comme vous

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

Comme vous

Dans le fracas du jour

Je traverse la Question

Dans le silence de Dieu

Pourquoi

Pourquoi la traversée du jour ?

Que suis-je ?

Une mouche engluée sur piège serpentin ?

Un mammifère du désert assis sur sa soif ?

Une amibe ignorée ?

Je suis à la croisée des heures

Parfois j'interfère dans vos regards

Je croise aux frontières d'indifférence

Nous sommes des milliards

Pourtant je partirai sans rien savoir de vous

Et vous me manquerez

Comme un chat oublié dans l'enfance

Je ne serai qu'une curiosité avide

Qui voulait arpenter l'univers

Je ne serai que celui qui passe

Il est l'heure et j'affronte la Question

Je me voudrais philosophe

Avec, dans mes bagages, l'arsenal de la raison

Je me voudrais religieux

Et croire posséder la Réponse

Je me voudrais sage

Et savoir que la Question n'a pas de sens

Comme vous

Je glisse dans le fracas du jour.

 

jms

in "Cheval fou" aux Éditions Chemins de Plume

 

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Cheval Fou

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Cheval Fou

Je suis un Cheval Fou

qui court dans la nuit noire

Au fond de ma mémoire

est un hibou

qui me parle de vous

choux, cailloux, genoux, poux

Mon tiroir poubelle a fonctionné

ma pensée est dans vos livres

ma méthode cartésienne

mes envies conditionnées

ma science euclidienne

ma philosophie défigurée

et consignée dans le guide de l’homme libre

Mais je suis un Cheval Fou

je ne jouerai plus avec vous

tant pis si l’on m’enferme

tant pis si l’on m’abat

Je vous le dis comme je le pense

Monsieur le gérant de la pensée conventionnée

et même si vous exécutez un mandat

Il n’en est pas moins vrai

que la campagne est hors des villes

que le flic est au coin de la rue

Les SDF au bidonville

que les CRS vous laissent jouer

de l’indifférence

que l’armée vous salue

La morale est chrétienne

mais abrite la sanction

les missions catholiques jouent du couteau

dans les petits matins de Sarajevo

Le libertinage païen

risque l’extrême sanction

tranquilles dorment les bourreaux

Je suis un Cheval Fou

qui court dans une nuit d’obsidienne

Tant pis si l’on m’enferme

tans pis si l’on m’abat

je ne jouerai plus avec vous.

 

jms 1968

(in Cheval fou " aux Éditions Chemins de Plume)

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Sam Ringer

Publié le par la freniere

Cet article est reposté depuis LaFreniere&poesie.

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Article publié depuis Overblog

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

mains

mains d'homme

mains blessures ouvertes à des générosités périmées

 

mains

mains scarifiées

mains de cuir blessé sur  corps surexploités

mains de vieilles carnes mordues griffées à l'usure des jours

 

mains

mains d'hommes dos courbé

mains sans pain, burinées sous des pluies de larmes

 

mains

mains d'hommes suppliciés cœurs asséchés

mains décharnées par trop de faim dans le regard des enfants

 

main

main que fais-tu  sans poignard

quand danse le bourreau qui creuse ta faim ?

jms 14avril 2020

 

 

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Si tu savais

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Si tu savais comme j’aime la vie
je ne suis pas triste
je vis d’humour et de rire
mais si tu savais comme le monde me fait mal

si tu savais l’inventaire de mes amours
et tout ce que je peux aimer, boire, embrasser d’un simple regard

Si tu savais l’inventaire de mes craintes
le frisson de mes peurs

Si tu savais mon bonheur
J’ai un chat et des fleurs
un soleil posé sur la mer et une fenêtre ouverte.
Si tu savais…

Si parfois j’ai peur
c’est pour ceux qui resteront habiter ce futur de pouvoir
de famine, de djihad et d’argent
sans abeilles, sans rêves

Si tu savais comme j’aime la vie
les enfants, les coquelicots, les moineaux

Si parfois j’ai si mal
c’est pour ceux qui, chaque jour, ont peur du lendemain.

Si tu savais comme j’aime le bonheur et la vie
Quand je partage le rire et la douleur
c’est qu’à ma façon, j’appelle un monde meilleur
je ne demande que du pain et du rêve sur chaque table.

JMS

Publié dans Textes de JMS

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Et le druide disait…

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

À André, le magicien de mon enfance

 

Au fond de chacun

il y a une forêt peuplée d'une mémoire de brindilles,

l'enfance et la mort y côtoient une peur instinctive

où l'homme cherche son maître.

 

Au jardin neuronique,

l'enfant que j'étais me tient par la main,

petit fantôme venu de ce pays d'hier

aux réalités buissonnières,

avec lui, encore je cherche

ce druide qui, de rires en tempêtes,  

sous sa robe de vent, égarait mes chagrins.

 

Cours le siècle, comme une rivière qui s'assèche,

le revoilà, le vieux druide, qui revient,

avait-il la voix de ma mère, celle d'un oncle,

qui chantait des mots à faire taire nos frayeurs ?

 

Je me souviens de sa comptine :

Caresser et courir parmi les plantes

est une joie de vivre qui fait danser,

partout les fleurs sont soleils dans mon domaine,

ma maison est si grande que le ciel s'y pose, 

de tiges en racines.  

 

Et nous voilà encore, petit fantôme, vieux druide et moi

réunis en cet ailleurs de la raison où continue la vieille chanson :

J'ai déchiré ma robe d'alizée et de marine,

à trop traverser le pays d'hommes, le rire s'est arrêté…

 

Le vieux druide chante encore pour quelques fleurs

et une enfance qui s'acharnent à garder les pieds sur terre.

 

J'étreins des fragrances si enivrantes qu'elles montent à la tête,

au jardin de l'immense, l'infime envoûte

un chemin de parfums, de pluie, et de soleil

où le petit fantôme et le druide de mon enfance,

encore, ébrouent mes rêves.

JMS 12/04/2020

 

 

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La solitude ressemble à ma patrie

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

La solitude ressemble à ma patrie,

vêtue de mots, elle foule le silence,

partout, la fuite des rires me déshabille.

Dans la canonnade des dictatures et des propos inutiles,

je côtoie des mots d'oiseaux et des chiens sans colliers

échappés de la fourrière des contraintes.

J'arpente les noms de mes morts, des infimes et des grands,

les vivants viennent de si loin qu'ils habitent une part de moi,

ils vont parmi des traverses d'automnes et d'atomes

et des silences qui me rassemblent.

Je déterre un pays qui m'a trahi

et des robes de rêve pour habiller les mariées.

J'agenouille des Marseillaise sans tambours ni sang,

je parcours le sens de l'espoir quand le fusil s'endort,

j'arpente des points de fuite où les chahuts du monde se perdent,

j'entends des musiques jamais écrites où les anges cherchent leur langage,

je visionne la mort dans les mémoires de marbre et d'airain

qui peuplent les places publiques,

je cherche les derniers merles,

et les derniers écureuils dans le regard des enfants.

Je dors sur un passé qui enterre le ciel, les arbres, l'air,

j'exhume des cris d'argile pour y bâtir une maison,

j'appelle à la vie qui voudra bien l'habiter.

La solitude ressemble à une patrie lointaine

que je voudrais gorger de musique et d'amours perdues.

Un vieux rêve me poursuit.

Jms10/04/2020

 

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Le papier

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Le papier

Buvard d'âme

Bavard d'étoiles

Semeur d'amour

Le papier

Emprisonneur

Empoisonneur

Sait :

Lorsque Dieu a quitté le ciel pour habiter les livres

Les écrivants ont volé l'âme des hommes

Le papier

Miroir profond

Où les poètes voient leur âme

Le papier

Page noire

Où gisent les douleurs du monde

Le papier

Page blanche

Où se reconstruisent les rêves.

 

 

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Ironie virulente

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

L'Enfant Roi

qui est bon

comme du bon pain

prie

L'autre aussi

L'un dit :

Merci mon Dieu

de m'avoir créé

de me faire ignorer la faim

L'autre reprend :

Merci mon Dieu

pour notre chair quotidienne

L'Enfant Roi est à table

L'enfant virus aussi

Dieu, souriant, les écoute

avant d'aller jouer dans la cour

Est-ce ainsi que les dieux s'amusent

et nos prières au loin les suivent ?

 

(in "Cheval fou" aux Éditions Chemins de Plume)

 

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