Je suis un barde fou qui naufrage des univers de papier
un archéologue de la douleur, un traqueur de rêves
un explorateur d’imagination, un plaisancier de l’inconscient
un topographe de la raison.
Je suis l’enfant qui désapprend le mot
pour en extraire les frissons du sens et des pleurs de syntaxe
le vieillard qui lentement efface les bruissements de son cœur
un homme loup qui hurle à la mort des cœurs
le voyageur qui sort de sa vie pour aller aux ailleurs essentiels.
Je suis un marcheur de cieux, un pisteur de rumeurs aseptisées
une fourmi pensante dans l’ailleurs des sans ciel
une diagonale d’infini et d’étoile
où clapote le silence tapageur des hommes.
Je suis un Bateau Ivre au naufrage des mots blancs
une nuit d’encre rouge, une encre au cri noir
un capitaine crucifié dans la tempête millénaire des vagues à l’âme
un homme tumulte, un hurleur de clair de lune
un arpenteur de déraison.
Je suis la rime désancrée qui cherche un port d’attache
un rêve perdu dans le chahut égotique des verbiages inutiles.
Je suis la maison abandonnée
le vieux présage d’un homme d’hier
d’un futur qui brûlera ses calepins, ses mots et sa mémoire.
Sur la route de l’oubli
je suis l’homme désancré qui s’efface en bruissements inaudibles.
Je suis le mot vain en terre d’amnésie
le verbe qui se noie comme je me saoule
l’homme sans voix dans un monde de comptables
la conscience égarée en chemin de voyage intérieur.
Je suis le psaume muet dans un ciel de non-dits
un mot de silence qui vit comme on meurt
l’enfant qui sait : l’esprit qui dort fait escale en après vie.
Je suis l’homme qui veut mourir éveillé.
Le quotidien est un crime de poète.
JMS
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SANANÈS Jean-Michel
Éditions Chemins de Plume ©
Alors là, Jean-Michel, ton texte vole haut et cela fait énormément de bien !
Merci Ile, tu sais les contraintes qui m’éloignent du temps d’écrire.
Tes mots sont un antidote à ma culpabilité d’écrire.
ces mots me touchent ...
c'est beau...
c'est...
Je vous remercie de ces mots. Votre réflexion sur votre blog : " " est en concordance avec mon ressenti. Pour autant les cris sans réponse restent des lettres d’espoirs.
Merci
JMS
un beau poème avec des mots qui viennent de loin et qui vont très loin...
amitié
tilk
Bonjour Tilk Comme dit plus haut merci du partage des mots, les poèmes ne seront jamais bouteilles à la mer, inutiles quand nul ne les ouvre
Amicalement,
jms
Splendide à lire, à dire, à écouter, à regarder jusqu'à ce que le silence advienne et dise en écho : splendide...
MERCI
Merci à vous Nath de ce mot, car vous le savez, la solitude de l’écriture ne prend un sens que si elle est compréhensible par quelques lecteurs.
Amicalement,
jms
Vous êtes aussi le poète qui sait retenir son lecteur. Merci pour ce texte.
Vous aussi savez retenir le lecteur. Voyager sur votre blog est toujours un plaisir
Amicalement,
jms
Le poète ne meurt jamais. Il fourbit ses rêves à la platitude et à la cruauté. C'est le manque qui crée le Verbe.
"Le quotidien est un crime de poète". Pourtant il y eut des être libres dans les camps de concentration car personne ne pouvait les empêcher de se dire des poèmes intérieurement...
Le Verbe naît du manque, de l'adversité, de la souffrance et de la joie.
"La douleur n'est jamais éloignée du regard et de la connaissance". Diane de Margerie. J'oppose à la barbarie mon silence d'au-delà, mon lucernaire.
Ce que personnellement j’appelle le "crime" dans le quotidien, c’est l’absence de magie, l’absence d’étonnement, quand la routine du quotidien ferme la porte du rêve.
J’espère comme toi que dans les camps certains ont pu rêver et se prémunir de la résignation en n’oubliant rien de la beauté et de la douceur qu’on leur arrachait
Amicalement,
Jms
j'aime beaucoup vos mots là..moi aussi parfois je suis un bateau ivre dans ce monde où plus rien n'est poétique.Avez-vous publié un recueil de poèmes? Si oui lequel.merci
Bonjour Joëlle
Ma biographie se trouve dans la colonne droite de mon blog. Cependant la liste de rubriques de mon blog classe les textes par publications. Je suis sensible à ce partage de sensibilité.
Amiclalement
jms
JMS
"un rêve perdu dans le chahut égotique des verbiages inutiles."
Décidément ce texte ne cesse d'attiser mes échos et j'aime y revenir. Ton rêve n'est pas perdu, il rencontre le mien.
Oui Chantal à l’international du rêve nous pointerons peut-être aux mêmes nostalgies
Amicalement
jms