Samedi 12 novembre 2011 6 12 /11 /Nov /2011 15:16

Je suis un barde fou qui naufrage des univers de papier

un archéologue de la douleur, un traqueur de rêves 

un explorateur d’imagination, un plaisancier de l’inconscient

un topographe de la raison.

 

Je suis l’enfant qui désapprend le mot

pour en extraire les frissons du sens et des pleurs de syntaxe

le vieillard qui lentement efface les bruissements de son cœur

un homme loup qui hurle à la mort des cœurs

le voyageur qui sort de sa vie pour aller aux ailleurs essentiels.

 

Je suis un marcheur de cieux, un pisteur de rumeurs aseptisées

une fourmi pensante dans l’ailleurs des sans ciel

une diagonale d’infini et d’étoile 

où clapote le silence tapageur des hommes.

 

Je suis un Bateau Ivre au naufrage des mots blancs

une nuit d’encre rouge, une encre au cri noir

un capitaine crucifié dans la tempête millénaire des vagues à l’âme

un homme tumulte, un hurleur de clair de lune

un arpenteur de déraison.

 

Je suis la rime désancrée qui cherche un port d’attache

un rêve perdu dans le chahut égotique des verbiages inutiles.

 

Je suis la maison abandonnée

le vieux présage d’un homme d’hier

d’un futur qui brûlera ses calepins, ses mots et sa mémoire.

Sur la route de l’oubli

je suis l’homme désancré qui s’efface en bruissements inaudibles.

 

Je suis le mot vain en terre d’amnésie

le verbe qui se noie comme je me saoule

l’homme sans voix dans un monde de comptables

la conscience égarée en chemin de voyage intérieur.

 

Je suis le psaume muet dans un ciel de non-dits

un mot de silence qui vit comme on meurt

l’enfant qui sait : l’esprit qui dort fait escale en après vie.

 

Je suis l’homme qui veut mourir éveillé.

 

Le quotidien est un crime de poète.

JMS

 

Publié dans : Dieu le silence et moi - Ecrire un commentaire
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Commentaires

Alors là, Jean-Michel, ton texte vole haut et cela fait énormément de bien !

Commentaire n°1 posté par Ile E. le 13/11/2011 à 15h46

Merci Ile, tu sais les contraintes qui m’éloignent du temps d’écrire.

Tes mots sont un antidote à ma culpabilité d’écrire.

Réponse de Cheval fou (Sananes) le 19/11/2011 à 17h52

ces mots me touchent ...

c'est beau...

c'est...

Commentaire n°2 posté par ninka le 14/11/2011 à 11h04
Je vous remercie de ces mots. Votre réflexion sur votre blog : " On a beau crier, plus personne ne répond. Chacun est trop occupé à n'écouter que sa propre voix ou à n'entendre que ses propres cris" est en concordance avec mon ressenti. Pour autant les cris sans réponse restent des lettres d’espoirs.
Merci

JMS

Réponse de Cheval fou (Sananes) le 19/11/2011 à 17h51

un beau poème avec des mots qui viennent de loin et qui vont très loin...

amitié

tilk

Commentaire n°3 posté par tilk le 15/11/2011 à 22h43

Bonjour Tilk  Comme dit plus haut merci du partage des mots, les poèmes ne seront jamais bouteilles à la mer, inutiles quand nul ne les ouvre

Amicalement,

jms  

Réponse de Cheval fou (Sananes) le 19/11/2011 à 17h48

Splendide à lire, à dire, à écouter, à regarder jusqu'à ce que le silence advienne et dise en écho : splendide...

MERCI

Commentaire n°4 posté par Nath le 17/11/2011 à 18h08

Merci à vous Nath de ce mot, car vous le savez,  la solitude de l’écriture ne prend un sens que si elle est compréhensible  par quelques lecteurs.

Amicalement,

jms  

Réponse de Cheval fou (Sananes) le 19/11/2011 à 17h48

Vous êtes aussi le poète qui sait retenir son lecteur. Merci pour ce texte.

Commentaire n°5 posté par lutin le 18/11/2011 à 01h05

Vous aussi savez retenir le lecteur. Voyager sur votre blog est toujours un plaisir

Amicalement,

jms  

Réponse de Cheval fou (Sananes) le 19/11/2011 à 17h35

Le poète ne meurt jamais. Il fourbit ses rêves à la platitude et à la cruauté. C'est le manque qui crée le Verbe.

Commentaire n°6 posté par Chantal Cudel le 20/11/2011 à 22h15

"Le quotidien est un crime de poète". Pourtant il y eut des être libres dans les camps de concentration car personne ne pouvait les empêcher de se dire des poèmes intérieurement...

Le Verbe naît du manque, de l'adversité, de la souffrance et de la joie.

"La douleur n'est jamais éloignée du regard et de la connaissance". Diane de Margerie. J'oppose à la barbarie mon silence d'au-delà, mon lucernaire.

Commentaire n°7 posté par Chantal Cudel le 20/11/2011 à 22h23

Ce que personnellement j’appelle le "crime" dans le quotidien, c’est l’absence de magie, l’absence d’étonnement, quand la routine du quotidien ferme la porte du rêve.

J’espère comme toi que dans les camps certains ont pu rêver et se prémunir de la résignation en n’oubliant rien de la beauté et de la douceur qu’on leur arrachait

Amicalement,

Jms

Réponse de Cheval fou (Sananes) le 27/11/2011 à 21h06

j'aime beaucoup vos mots là..moi aussi parfois je suis un bateau ivre dans ce monde où plus rien n'est poétique.Avez-vous publié un recueil de poèmes? Si oui lequel.merci

Commentaire n°8 posté par joelle le 28/01/2012 à 21h17

Bonjour Joëlle

Ma biographie se trouve dans la colonne droite de mon blog. Cependant la liste de rubriques de mon blog classe les textes par publications. Je suis sensible à ce partage de sensibilité.

Amiclalement

jms

JMS

Réponse de Cheval fou (Sananes) le 29/02/2012 à 12h04

"un rêve perdu dans le chahut égotique des verbiages inutiles."

Décidément ce texte ne cesse d'attiser mes échos et j'aime y revenir. Ton rêve n'est pas perdu, il rencontre le mien.

Commentaire n°9 posté par Chantal le 29/01/2012 à 17h57

Oui Chantal à l’international du rêve nous pointerons peut-être aux mêmes nostalgies

Amicalement

jms


Réponse de Cheval fou (Sananes) le 29/02/2012 à 12h06

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