Victor Jara

Publié le par Cheval fou (Sananès)

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Écouter Victor Jara :

http://www.youtube.com/watch?v=en8yqVxuT-U&feature=player_embedded

 

À Victor Jara

À Victor Jara
 
Nu pieds
le vieux paysan, dos courbé, travaillait
Déjà la terre était grise
Comme un sang séché

Nus pieds
Comme le sont les travailleurs sans terre
Un enfant regardait
 
Chante, chante paysan
Le sel de tes yeux n’abreuvera pas le champ
Chante, chante
L’été encore voûtera ton dos
Chante, chante paysan
La terre grise déjà t’attend  
 
Dansait, dansait
L’enfant qui ne savait pourquoi
Le soleil brûlait
L’enfant qui ne savait pourquoi
Le maïs mourait
 
Dansait, dansait
Le fils qui demandait :
Père, qui veux-tu que je sois ?
Quand mon temps viendra
Que faudra-t-il que je fasse ?

 
La parole rude, la parole rude
Le vieil homme avait déclaré :
Va plus loin mon fils
Quelle que soit ta taille
Tu porteras la vie sur tes épaules
Quelle que soit ta taille
Ta dimension d’homme tu chercheras

 
La parole rude, la parole rude
Le dos courbé, le dos courbé
Le vieil homme avait déclaré :
Va plus loin mon fils
Ici tout le sel de mes yeux
N’abreuvera pas le champ
Ici la terre est grise comme un sang séché

 
Victor était parti une guitare à la main
Avec des mots
Qui résonnaient dans le matin
Victor était parti avec ses camarades
Et la chanson des jours meilleurs
 
Chante, chante camarade
 
Les doigts coupés, il a chanté
Le sel de ses yeux n’a pas abreuvé le stade
Au Chili, la terre était grise
Comme un sang séché
 
Chante, chante camarade
Tu portais ta vie sur les épaules
Quelle que soit ta taille
Tu avais trouvé ta dimension 
Chante, chante camarade,
Ta dimension tu as trouvée.

JMS - in "Et leurs enfants pareils aux miens"  

     
À Victor Jara
traduit par Cristina Castello

Desnudos pies
el viejo paisano, espalda encorvada, trabajaba
Ya la tierra era gris
Como sangre secada
Desnudos pies
Como los trabajadores sin tierra
Un niño miraba

Canta, canta campesino
La sal de tus ojos no beberá el campo
Canta, canta
El verano aún combará tu espalda
La tierra gris ya te espera

Bailaba, bailaba
El niño que no sabía por qué
El sol quemaba
El niño que no sabía por qué
El maíz moría

Bailaba, bailaba
El hijo que preguntaba:
Padre, ¿qué quieres tú que yo sea?
Cuando mi tiempo vendrá
¿Qué hará falta que haga?

La palabra ruda, la palabra ruda
El viejo hombre había declarado:
Ve más lejos hijo mío
Cualquiera sea tu talla
Llevarás la vida sobre tus hombros
Cualquiera sea tu talla
Tu dimensión de hombre buscarás

La palabra ruda, la palabra ruda
La espalda encorvada, la palabra encorvada
El viejo hombre había declarado
Ve más lejos hijo mío
Aquí toda la sal de mis ojos
No beberá el campo
Aquí la tierra es gris como sangre secada

Canta, canta camarada

Víctor había partido, una guitarra en la mano
Con palabras
Que resonaban en la mañana
Víctor había partido con sus camaradas
Y con la canción de sus días mejores

Canta, canta camarada

Los dedos cortados, él cantó
La sal de sus ojos no bebió el estadio
En Chile, la tierra era gris
Como sangre secada

Canta, canta camarada

Víctor había partido con una guitarra en la mano
Con palabras
Que resonaban en la mañana
Víctor había partido con sus camaradas
Y con la canción de sus días mejores

Canta, canta camarada

Los dedos cortados, cantó
La sal de tus ojos no abrevó el estadio
En Chile la tierra era gris
Como sangre secada

Canta, canta camarada
Llevabas la vida sobre tus hombros
Cualquiera sea tu talla
Habías encontrado tu dimensión
Canta, canta camarada,
Tu dimensión has encontrado.

 

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L


Un texte magnifique, l'espoir est dans la génération grandissante quand épuisé il faut arrêter sa route.



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C


Merci de votre visite et pour vos commentaires. J’ai beaucoup aimé vos derniers textes.


Amicalement,


Jms




J


merci pour les souvenirs


merci pour la voix retrouvée


"yo no canto por cantar"


merci pour cette voix dans le tumulte



Répondre
C


Et oui Jeanne, j’ai eu beaucoup d’émotion a retrouver cette voix et le bruissement d’une époque où l’utopie affrontait encore l’intolérable. L’effondrement du cri, ce silence posé
sur  la misère m’insupporte.


Amicalement,


Jms