La concierge s’en fout, c’est l’hiver.

Publié le par Cheval fou (Sananès)

C’est l’hiver,
j’ai mangé tout le printemps et les chocolats
arraché les orties et le coquelicot de ma mémoire
monté le chauffage, descendu mon moral
il fait zéro dans l’escalier
il n'y a plus de haut il n'y a plus débat
je ne chante plus, j'ai froid, je craque
il neige dans l’ascenseur
et la concierge s’en fout.

Comme un oiseau sans ailes
je marche, fête à l’envers
comme un hibou sans tête
je vole plus ras que les pâquerettes
un rien me démonte, tout me bouscule.

Je cours je grimpe je saute
d'humour en larmes.
Je crie je vole je vais,
d'humeurs en rires.

Je vais je plane je roule
j’effondre je tombe
il y a inflation
au royaume des petites pièces
kopecks et joies sont à la baisse
j’évolue j’évalue je dévalue
je creuse je charbonne,
la pioche n’est pas bonne
j’explore le miroir
le teint est mauvais.

Je suis un homme de nulle part
un trublion de l'impossible
un homme de rien, un sans frontières
le temps s’est fâché, il y a guerre
de la fumée, des décennies, et des ans sur la piste

le jour va trop loin
il fait moins dix dans mon mental
un hiver terroriste a descendu
le thermomètre.

À corps d'écrits, je cherche
j'ancre des délires en bout de doigts
je peins mes rêves
avec de la peinture à trous
je traque je piste j’explore
il y a du vent dans mon assiette
j’ai soif de petit jour.

Mais Toi, où es-Tu ?

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume

Publié dans Dieu le silence et moi

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C

Erreur de ma part. Je voulais écrire : Ici, loin de chez vous.


Christiane
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C

Un hiver terroriste, un poème terroriste aussi. J'apprécie beaucoup cette écriture.


Ici, loin de vous, il fait encore zéro dans l'escalier. je viens de faire un feu dans la cheminée.


Christiane
Répondre
A

ah ! j'adore !!


vivement le prochain qui annoncera le printemps. Ce style me plaît beaucoup.


bonne soirée...... arielle
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C


Un grand merci pour votre lecture, se savoir compris est toujours un cadeau


jms



C

oui tu planes et fais aussi planer les mots...dont certains volent si haut qu'ils se perdent
dans tes nuages,comme ceux que tu (n')as (pas) laissés chez moi !
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C


Ton blog me censure, il a récidivé ce matin où comme d’habitude j’ai avidement parcouru tes
lignes


jms



B

Surréaliste ! Comme le plaisir que j’ai à lire ce texte.


Bravo.
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C


Cher B


Venant d’un auteur que j’apprécie, votre commentaire me touche


jms



L

"il y a du vent dans mon assiette" c'est l'hiver qui ne retient pas les odeurs, encore un peu de temps on y sentira la guarrigue, toujours un plaisir vos lectures
Répondre
C


Merci de votre lecture j’apprécie votre regard de poète


Amicalement


jms