Dimanche 27 novembre 2011 7 27 /11 /Nov /2011 21:11

À Hossine ce vieil ami

que j’aimais comme un père

 

Retiens ma vie, m’avait dit ce chat griffé dans le cancer du vent

Tourne tourne le poignard bleu

J’ai laissé sa vie sur le cri désâmé d’une seringue assassine

J’ai oublié mes larmes sur la table d’un vétérinaire

Tourne tourne la lueur trouble de son dernier regard

Tourne tourne le poignard de l'impuissance

Partent les pages partent les larmes

Et moi qui passe comme un chagrin de temps qui court

 

Je suis un homme de demain, je serais un enfant d’hier

Résonne la Question

Est-il un mot plus signifiant que : Pourquoi ?

 

Retiens mon nom, avait-il dit sous un ciel d’ailleurs

Tourne tourne le poignard bleu

Dans l’enlisement des jours un vieil ami s’efface

Comme un deuil en partance et la mort entre nous

Au temps de l’enfance et du sang sur un trottoir d’adieu

La vérité cherchait ses mots et clamait des promesses

Dans les fausses notes d’un temps égorgeur

La prière et le crime rognaient le même verbe

Partent les pages partent les larmes

Tourne tourne la lueur trouble de son dernier regard

Tourne tourne le poignard de l’impuissance

Je pars comme un chagrin d’antan épuisé de remords

 

Sous le cri désâmé des minutes assassines

Quand tonne la question,  je suis un gamin d’hier

Est-il un mot plus insignifiant que : Toujours ?

 

Je vais comme un chagrin de vent mauvais

Je bruisse comme une rumeur d’oublis insoumis

L'enfance que je portais mijote un enfant chauve

Et Toi, quelle est Ta langue ? Ne parles-Tu que le silence ?

Je Te regarde sur la seconde qui part

Tu me flingues comme une marée de rire sur cœur à marée basse

Partent les pages partent les larmes

Tourne tourne le poignard de l’impuissance

Tourne tourne la lueur trouble des derniers regards

Je pars comme un éléphant fou

Quand la mort barytonne à la pointe du jour

 

Mère, où es-tu

Qui me laisses grandir vieillir m’assagir m’assoupir ?

Poucet qui égrène les jours

Je pars mes rêves à la main

Vieil enfant qui court dans la maison de l’Ogre

J’écoute tonner l’oxymore

Est-il un mot plus signifiant que : Jamais ?

Partent les pages partent les larmes

Jamais triomphe toujours de toujours

Tourne tourne le poignard de l’impuissance

Tourne tourne la lueur  trouble de nos regards

Et moi qui passe comme un chagrin de temps qui court

Le cheval d'enfance n’ira pas plus loin.

 

 

Publié dans : Dieu le silence et moi - Ecrire un commentaire
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Commentaires

Souffle souffle de l'inspiration dans ce texte que je ne peux commenter, peut-on commenter, vraiment, cette interprétation du Temps qui nous prend tout... Je suis vraiment très sensible à votre écriture qui m'emporte dans ses rythmes et ses refrains sourds... Bonne journée JMS.

Commentaire n°1 posté par Thaddée le 28/11/2011 à 12h25

Une plongée en apnée dans une mémoire parfois douloureuse. Merci de votre lecture.

Amicalement,

Jms

Réponse de Cheval fou (Sananes) le 11/12/2011 à 15h31

Je découvre votre blog, j'aime bien signifiant pour pourquoi et jamais et l'insignifiant toujours.A bientôt sans doute.

Commentaire n°2 posté par luno le 28/11/2011 à 13h45

La mémoire ouvre les courbatures de l’absence. Les mémoires d'éxilés en sont pleines

Amicalement

JMS

Réponse de Cheval fou (Sananes) le 11/12/2011 à 15h29

vraiment beau...et émouvant

amitié

tilk

Commentaire n°3 posté par tilk le 02/12/2011 à 20h38

Entièrement d’accord, cette écriture est exceptionnelle.

Amicalement,

jms

Réponse de Cheval fou (Sananes) le 11/12/2011 à 15h17

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