C’est jour de fête
Mais à la bataille des pleurs, le soleil s’est lassé
L’âme à reculons, je me cherche au fond des mélancolies
La vie est un espoir érodé et le temps fait mal
La grenaille des jours écule l’avenir
C’est une heure de crépuscule enrayé
Dans un décompte qui court, qui court, qui court
Comme un enfant qui joue
Je me demande, je me demande, je me demande
Est-il trop tard ? Est-il trop tard ? Est-il trop tard ?
Il y a cent millénaires que j’attends d’être là
Mais la route est en pente
Et moi, les doigts agrippés à des ambitions inachevées
Au fond de cahiers d’écoliers qui ne retiennent plus la nuit
Je glisse, je glisse, je glisse
Et moi comme un moineau dans les griffes de l’épervier
Je m’accroche, je m’accroche, je m’accroche
À l’amour
Et au filet des jours
Je ne rêve plus, je ne rêve plus, je ne rêve plus
Je pars
Partir me fait moins peur que mourir sans avoir tout dit
Mourir ne me fait pas peur, ne me fait plus peur
Mais ce qui m’est à faire est trop vaste pour la somme des jours
Les doigts agrippés à des ambitions inachevables
Je glisse, je glisse, je glisse
Dans les ventres des nuits
Au fond de la mélancolie
Je cherche, me cherche, te cherche
Ai-je tout dit ? T’ai-je tout dit ?
Je me cherche comme un oiseau qui se demande
Est-il trop tard ? Est-il trop tard ? Est-il trop tard ?
C’est une bataille des pleurs
C’est le jour qui passe
L’âme à reculons, au fond de la mélancolie
Je cherche, me cherche, te cherche
Encore, encore, encore, je veux courir
Je veux dépenser mes jours, sans report, sans regret
Je veux sans compter payer mes comptants de bonheur
Je veux caresser, frémir, goûter
Je veux vivre sans épargner mon souffle
Et tout dire avant que la nuit ne me cherche
Je ne crains pas l’intense.
JMS
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SANANÈS Jean-Michel
Éditions Chemins de Plume ©
c'est magnifique
Oui Jeanne, une même réponse s’impose que celle faite à ton autre commentaire, il conviendrait que les humains sachent le prix de la vie vivante : nous sommes d’ici
Amités,
jms
Trés beau, c'est quand le temps s'accélère que l'on ressens cela, adultes nous avons la fâcheuse manière d'aller trop vite.
Oui Lutin, comme dit à plus haut, mille excuses, pour ma réponse tardive, je suis peu chez moi et donc peu sur mon blog.
Vous avez très bien ressenti ce que je veux dire : la vie mérite que l’on s’arrête pour pouvoir courir à l’essentiel : ne pas s’occuper mais vivre.
Amités,
jms