(1912)
Au profond des cœurs
il y a la nuit et la peur
des uniformes, des armes
des hommes que la crainte habite
des femmes, des enfants qui tremblent
la danse des chiens et la morsure du froid
de la colère et de l’amour dans l’encre des chansons
Aussi loin qu'ils aillent
il y a le violon et les larmes
et leur âme comme mon âme
et leurs frères comme mes frères
Ils ont des yeux perce neige
qui ouvrent le feu jusqu’aux blessures du sang
de vieilles mémoires qui déchirent les siècles
des oreilles béliers qui enfoncent des murs de silence
des douleurs acharnées avec fenêtre sur larmes
des exils confisqués aux passages des frontières
des enfants sans écoles
des hommes sans terres
et des vies en lisière de chagrin
Ils ont des caravanes partent pour nulle part
et des trains qui ne reviennent jamais
Si loin qu’ils aient été
ils ont du sang dans leurs joies
un violon et des larmes
et leurs âmes comme mon âme
Si loin qu’ils s’en souviennent
l’internationale des douleurs
chante la vie, la mort, et le sang des mémoires
et toujours un cœur avec fenêtre sur larmes
Si loin que je me souvienne
dans la furie de mes rêves
il y a des mots blancs sur le noir des chansons
un blues, un flamenco, un prière
ou un cri que l’on jette aux quatre coins des vents
et toujours l’invisible sortilège des joies
et toujours un Pierrot qui meurt sur des papiers d’écritures
et toujours une fée qui se noie à la fêtes des larmes
Et leurs enfants toujours pareils aux miens.
JMS
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SANANÈS Jean-Michel
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