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CHEVAL FOU - (Jean-Michel Sananès)

Dieu n'habite pas chez nous

7 Novembre 2010, 19:39pm

Publié par Cheval fou (Sananès)

Tu es là

Tu es d’ici

Tu cherches…

Tu cherches en bas, tu cherches en haut

Tu cherches en toi, tu cherches en moi

Tu cherches en eux, tu cherches en Lui

 

Dans les cachots, dans le chahut, dans le cahot

Mains jointes, tu regardes les cieux

Tu cherches ici, tu cherches ailleurs

 

Mauvais adresse

Au labyrinthe des consciences

Dieu n’habite pas plus la Mecque

Qu’il n’habite Jérusalem, Rome, ou les bras de Shiva

 

Dieu habite la tête des piafs

Le rire des mouettes

Le sarcasme des fous

La larme de l’orphelin

Et le sourire des mères

Il habite la source qui renaît

La mer qu'on a blessée

La blessure refermée et le couteau qui l’ouvre

 

Tu es là, tu es d’ici

Tu cherches en toi, en moi

En Lui, en eux, en haut en bas

Tu cherches ici, ailleurs, aux cieux

 

Au labyrinthe des consciences

Tu ouvres l’encre des livres

Tu vas chez les féticheuses

Les marabouts, les liseuses de cartes

Tu visites la prédiction et le marc de café

Tu te perds dans le carcan des dogmes

 

Mauvais adresse

Dieu n’habitera jamais le fil des litanies

L’épée du conquérant, le sabre, ni le crime des djihads

Dieu habite la question plus que la réponse

Il est dans la fraternité de l’eau, de l’arbre

Le regard aimant, le pollen des fleurs

La caresse du chat

 

Il est dans tout ce que l’œil approche

Tout ce l’esprit sait

Tout ce que le savoir conçoit

Plus vaste et plus lointain que la dernière étoile

Il est atome, neutron, horizon

Première cellule et dernier né

Il est la pitié à la pointe d’une baïonnette

La larme, le printemps et l’hiver

Le contenant et le contenu

Il est dans les toujours des nuits

Les frissons de l’avant cosmos, dans l’après du temps

Taillé de démesure dans l’épaisseur du verbe

Plus large que la conscience, plus grand que le regard

Il est à taille d’univers et d’infinis

Aucun livre ne l’emprisonne

Il est

 

Au profond du sang, à l'intime du souffle

Il est l’écho qui nourrit la vie

Le cri dans la bouche du nourrisson

Les bras de l’arbre, les cheveux du vent 

Celui qui se contient jusqu’à l’infini

Qui se rêve au plus vaste de la douleur

Celui qui va au bras des mères

Qui chante dans la tête de l’enfant qui rêve

Il est feu, tempête, et chant de l’indien

Il est le verbe penser-voir-toucher-sentir-pleurer

aimer- pardonner, réunis en Un

Il est celui qui dit non

Aux fausses promesses, aux amours guerriers

Aux égorgeurs, aux inquisiteurs

Aucune prière, aucune main tendue ne lui est étrangère

 

Tu es là

Tu es d’ici

Tu cherches

Tu cherches en Lui, tu cherches en eux

Tu cherches ailleurs

Tu cherches aux cieux

Tu cherches dans le chahut, dans le cahot, dans les cachots

Tu cherches en bas, tu cherches en haut

Il n’habite nulle part

Il est partout

Il est en toi

Il n’a d’autres parures qu'amour et respect

Il est le contenu, le contenant

L’atome qui danse dans la sève, dans le sang

Dans ce qui gronde, et le matin qui vient

 

Tu Le cherches dans les cachots, dans le chahut, dans le cahot

Tu Le cherches ici, tu Le cherches ailleurs

 

Au labyrinthe des consciences

Il est ce que tu en fais.

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume

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rene chabriere 12/01/2012 11:29


Aux atomes  qui dansent , j'ai  remplacé par les  étoiles et les  constellations...


 


Comme un rêve de voie lactée avec étoiles vertes
Sous le signe  du singe, ce singe serait-il en hiver
En tournant autour de la terre,les galaxies offertes
La balance d’un soir, balançoire, envoyée en l’air
Les éléphants,zébus,buffles au rendez-vous
Des humains endormis sous la couette des nuées
Castors pumas si élégants, le savez-vous ?
Chameaux, chèvres et cochons, au milieu du marché


C’est avec fraternité retrouver vivante ménagerie
Jolies , jolies bulles en frasques douces
Le concert des pintades aux branches, confrérie
Réveille tortues, serpents et  hyènes rousses
Les constellations animalières ont changé d’ordre
A  la tête renversée, j’ai perdu la grande ourse
Et la petite aussi. Girafe, girafon, il aurait fallu tordre
Le grand cou , encore, pour rattraper sa course.

Cheval fou (Sananes) 13/01/2012 15:54



J'ai eu un grand plaisir à visiter votre écriture et votre blog, j'y retournerai.


merci de votre visite



Anner-Marie Lejeune 18/11/2010 23:22



D ieu, comme je retrouve ce que je ressens  en ce que vous écrivez !


Merci


Amitié de Picardie



Cheval fou 28/11/2010 20:47



Savoir qu’un texte est un partage me ravis


Je vous en remercie.


jms





Serge 11/11/2010 19:19



Et si on se contentait de ne prendre Dieu que pour ce qu'il est aussi, à savoir un simple et vulgaire mot.



Cheval fou 18/11/2010 17:09



Entièrement d’accord avec vous Serge, avec une petite réserve,  ce n’est pas un simple mot, ceux qui s’en servent à profusion en font un ensemble de maux.


Amicalement,


Jean-Michel


 





DA 08/11/2010 09:44



Je laisse une petite trace suite à la lecture de ce texte et le précédent :


je dis oui à la recherche de Dieu, mais il suffit de regarder les cieux por le trover, mais devant la rage du crime, il s'écarte des consciences de ceux qui les commettent, et rejoint les
innocents qui le cherchent partout. J'ai bien compris ton texte, et je ne sais si je sais te l'exprimer, mais avant tout je veux te dire que ta réflexion en poème est très forte. amicalement - da



Cheval fou 18/11/2010 16:16



Merci de cette visite DA, comme on peut le comprendre, j’accepte que ceux qui le désirent donnent le nom de Dieu au désir sublime de l’amour du prochain, de l’Amour de la vie et du monde. Mais je
crois que l’idéologie du sublime ne s’enferme dans aucun dogme réservé à de quelconques religions. Les religions ont si souvent maltraité la conscience que je les crains bien plus que
l’incroyance.


Très cordialement,
Jms