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Ile Eniger

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Tu vois

Je ne sais rien tu vois. Ils étaient dans les rues, partout. Ils dénoncaient, se ralliaient, s'embrassaient, se touchaient, chantaient l'hymne national. Ils se voulaient solidaires parce que des balles avaient tué des gens dans les locaux d'un journal que la plupart critiquaient avant. Des gens par millions s'unissaient pour défendre la liberté. Peut-être aussi s'unissaient-ils parce qu'ils avaient peur, parce que l'horreur était arrivée à leurs portes à eux. J'ai pensé ça et j'espérais qu'il y avait autre chose, la ferveur d'un vrai levain pour un pain de partage, mais j'avais ce mal à y croire. Pourtant, moi aussi j'étais bouleversée. Et puis il y avait eu cette soirée qui parlait des disparus, une soirée de variétés comme une remise de prix ou de médailles. Ailleurs, une fillette sautait, une bombe attachée à sa taille. Ailleurs, des monstres détruisaient, massacraient, mettaient en esclavage. Ailleurs, des gens fuyaient leurs pays menaçants et ne trouvaient de place nulle part. Ailleurs, des enfants mourraient de faim, des peuples étaient décimés. Partout la planète mourait sous les profits, les vices, les commerces, les pouvoirs. Et cela durait depuis longtemps. Je me disais que cela aussi aurait mérité que l'on se mobilise, que l'on descende dans les rue et en soi pour que la vie devienne ce pour quoi elle avait été créée : vivante pour tous. Je ne sais rien tu vois. Ils paraissaient si rassemblés tous ces gens dont je doutais du rassemblement, si déterminés quand je doutais de leur détermination. Et quand je disais que je craignais une possible récupération de cet enthousiasme, on trouvait que je ne comprenais pas le bel élan. Alors, je suis allée au fond du jardin. Toute seule devant l'immense ciel muet, je suis devenue ce jour d'hiver qui essayait d'être clair. Ce jour qui ne savait pas comment faire et qui le faisait. Et depuis cette incapacité qui me poussait au silence, j'invoquais l'amour pour qu'il aide. Mais tu vois, quand je regarde à cet endroit, je ne vois rien. Que l'incommensurable pauvreté, la mienne d'abord.

Ile Eniger - Le monastère de l'instant - (à paraître)

http://insula.over-blog.net

Publié dans Ils disent

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Comme dit mon chat

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Comme dit mon chat

Publié dans Comme dit mon chat

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Charlie Hebdo assassiné (Lettre à mes frères d’espérance)

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Lettre à mes frères d’espérance

Après avoir livré sur mon blog, un texte nommé "Petit silence expliqué" je pensais m’être retiré des réseaux de cette blogosphère ou pullulent les donneurs de leçons et écrivains à indignations asymétriques. Pourtant, aujourd’hui encore, une nouvelle m’a blessé aussi fort qu’un oursin planté plein cœur.

12 hommes, parce qu’ils osaient penser hors des critères d’une barbarie qui décapite, viole, kidnappe, met en esclavage, et promet la mort de l’infidèle, ont été assassinés. Et me revoilà à déterrer le stylo et à dire, encore une fois, que la vraie guerre est celle de l’éducation et de l’apprentissage du vivre ensemble. Je ne suis pas un homme politique, aussi je ne préconiserais pas de méthodes autres que celles que je connais, pour lutter et éradiquer le cancer des fanatismes religieux .

Je me contenterai de livrer là des mots de vœux que j’ai adressés à mes amis de SOS Racisme et à tous mes frères d’espérance qui ne sont autres que ceux qui agissent pour l’avènement d’un monde fraternel.

 

 

Lettre à mes frères d’espérance

 

Mes Amis,

2015

Encore une nouvelle année qui vient, déjà peuplée de misère et de sang.

Pourtant, quel que soit le poids de tristesse et de larmes

que chaque jour doit essuyer,

j’espère que chacun d’entre nous,

dans la mesure de tout son possible,

contribuera avec application à créer un monde moins laid.

 

Moi qui ne suis qu’un homme qui passe,

du haut de mon âge,

je sais que nul ne porte le sourire du jour

aussi haut que les bâtisseurs de fraternité.

 

En ces temps chagrins

où le crime et l’argent sont religions,

où la haine et l’égoïsme se banalisent,

respecter son prochain

est la plus belle façon d’embrasser la vie

et le meilleur moyen

de participer à l’arrivée d’un homme fraternel.

 

Cet homme ne naîtra que de nous

et du regard bienveillant

que chaque humain véritable doit à tout ce qui vit.

 

Moi qui ne suis qu’un vieil homme qui passe,

je sais le chemin que tous nous avons à faire

pour que notre indignation devant la barbarie

ne nourrisse en nous aucune colère qui fasse de nous d’autres barbares.

 

Chaque jour que nous vivons,

de toutes nos forces essayons de créer un monde

où nos enfants apprendront le bonheur de vivre ensemble.

 

À nous de leur faire comprendre

que sous chaque étiquette, sous chaque couleur,

et quelle que soit sa condition,

tout homme a droit

au respect et aux conditions du bonheur.

 

Mes amis,

si la tâche est lourde

dans ce passage sur terre,

elle n’en est pas moins notre seul devoir.

Publié dans JMS - A paraître

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Bonne Année 2015

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Bonne Année 2015

Publié dans Informations

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