Lundi 4 avril 2011 1 04 /04 /Avr /2011 18:55

J'ai trimé, j'ai travaillé, délavé le ciel, les nuages, l'escalier. Le tablier s'est usé à frotter l'établi du jour, à voir le soleil noircir.

L'heure est en pente raide, je piétine, glisse, m'éreinte, dit l'homme en route sur le chemin de l'âge. Entre deux sourires affaissés, il les regarde jamais contents et assoiffés de vouloir. La table toujours trop petite, jamais à leurs faims.
Le jour me lève, je cours, travaille, me glisse, m'insinue dans le flot des minutes, m'essouffle, piétine, cours, travaille, travaille.
Pas content le boss ?
Pas contente mon amour ?
Et les rires, les rires où sont-ils ? Dit l'homme assis sur un recoin aigre de sa mémoire.

Ce soir, le ciel est courroucé. Le lézard, le chat, le frigidaire, le petit frère et les trois sœurs, tous, sont assoiffés. Ils boivent, ils mangent tes heures et des quenelles, du chocolat  et des couleuvres, mais face à l'infini des désirs, ta vie est petite, si petite que tu la logerais dans une peau de chagrin. Et tu cours, tu cours, t'arrimes, t'éreintes à en faire plus et plus…
Tu  es seul sur la ligne d'horizon et le jour recule.
Le soleil est trop gris, le tablier usé. Et toi, toi tu en as assez, tu as envie de tout poser, de jeter le marteau et l'enclume, de retirer les doigts, et d'aller dormir.
Déjà au matin lundi est là, et tu as une overdose de vie. Tu veux fermer les yeux, fermer le jour, fermer la vie. Courir plus loin que Las Planas, plus loin que le Mont-Blanc, plus loin que Valparaiso, tu as de la neige dans tes cheveux, tu te sens petit, trop petit, et tes épaules sont étroites, trop étroites, ton genou est malade, tu ne veux plus courir. Les exigences sont grandes, trop grandes, et tes jours trop courts.
Tu te couches et tu te demandes.
Tu te lèves et tu demandes.
Et la vie, c'est quand ?
Et le rêve, c'est où ?

Je ne suis pas venu pour ça.
J'exige du soleil, des frites et des vagues, un horizon plus loin que les étoiles.
jms

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Vendredi 25 mars 2011 5 25 /03 /Mars /2011 19:32

LA-SDF-SOUS-LE-REVERBERE-150-DPI.jpeg

 

L’immigré de l’intérieur

 

Camarade,

Courons,

 de froid en nuit,

de trottoirs en poubelles

 

La ville m’a chassé

j’ai migré

mauvais côté du rire

côté mal espoir

j’ai migré

vers les banlieues sans travail

 

Là où, à l’arrache rêves,

Là où la nuit tue ses enfants

Là où l’on a faim, froid et peur

 

J’ai migré

loin d’opulence

et des terres promises

 

entre des tours de béton

et les jardins de nulle part,

loin de bien-être

 

Je suis l’immigré de l’intérieur


Chez vous,  

là où les vanités se chiffrent

à prix Dior

et les nippes se signent,

Fauchon fournit vos tables

 

Loin de nous

vous surfez sur le Web

 

Nous sommes une réalité virtuelle

 

Camarade,

j’ai faim, j’ai froid, j’ai peur

Courons

La mort et la violence

sont à nos trousses

 

En marge de la vie,

rongeons nos ongles

comme l’on dépèce l’espérance

jusqu’à la cornée du rêve

 

Un coin de soleil et de trottoir

pour nos vacances,

du déchet pour nos tables

 

Encore vivant, mon frère,

 

Là où le béton tue le ciel

je respire

là où la pauvreté

et la nuit désossent la peur

 

Je suis encore vivant,

vivant parmi le peuple des cartons

 

Je suis citoyen de la rue

exclu et sans droits

sans amour

sans ambassadeurs

je suis immigré de l’intérieur

 

Camarade,

Courons,

de froid en nuit,

de trottoirs  en poubelles

 

La mort et la violence

sont à nos trousses

Encore vivant, mon frère

 

En centre ville

la misère ne s’exhibe pas

 

Nous n’avons

que la légitimité du dérisoire 

 

Dans nos lits cartons,

oublions nos vies

 

La mort est une ivresse

 

In "À l’ombre des réverbères"

Éditions Chemins de Plume

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Vendredi 25 mars 2011 5 25 /03 /Mars /2011 19:27

Fallait-il que je reste de marbre, figé face aux douleurs du monde, que je regarde la douleur des autres, perché sur le piédestal de l’impuissance ? Aurais-je dû me demander s’il est judicieux d’aider des "peut-être intégristes" ennemis de la démocratie alors qu’un dictateur fou les massacre ? Aurais-je dû me demander si, face à un empoisonnement nucléaire, le principe de précaution s’applique aussi à une population dont le gouvernement par fierté nationale néglige l’utilisation des sauveteurs étrangers ? 

La question se pose. La conscience peut-elle être mise entre parenthèses et soumise à des motivations extérieures ?

Les Malraux, Hemingway et autres étaient-ils des niais manipulés ? Vu par Franco c’est certain. L’assassinat du poète Federico Garcia Lorca et par la suite de près d’un million d’hommes, et Guernica, furent-ils une simple parenthèse de la conscience ?

Certains politiciens, ces jours-ci à la télévision, tentent de nous faire croire que socialistes et staliniens c’est pareil. Pour eux, participer à un front républicain n’est pas une priorité. Le retour du pétainisme les inquiète moins que la démocratie. La bassesse politicienne leur parait plus rentable que la morale.

La question se pose, où réside la morale ? Un pacifique doit-il rester une fleur à la main quand les autres meurent ? Devrais-je devenir un idéaliste exilé dans un temps ailleurs alors que le cynisme fait loi ?

Je ne sais pas.

Cependant je sais que si, d’aventure, avant d’aller ramasser un accidenté, où avant de parler à un désespéré, il me devenait utile de lui demander ses papiers, ses options politiques, ou de lui demander s’il m’aime et pourquoi pas de savoir si mon action est rentable avant de l’aider, j’arrêterais de me regarder dans une glace et j’irais chercher mon humanité chez Marine.

 

Qui me fera croire que le calcul doit primer sur l’éthique ! Mais je ne suis pas politicien…

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Jeudi 17 mars 2011 4 17 /03 /Mars /2011 11:47

L'incendie à la centrale de Fukushima

vu par Natacha

bientôt 6 ans et l'univers qu'on lui lègue

 

incendie-a-la-centrale-de-Fukushima.jpg

 

 

Le commentaire de Natacha :

Il y a des secouristes qui viennent du monde entier

Ils ont des nacelles pour récupérer les gens

et ils ont des poches pour récupérer les jouets

Dans les sacs à dos il y a de la nourriture,

mais mon dessin n’est pas terminé, je ne l’ai pas encore colorié !

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Jeudi 17 mars 2011 4 17 /03 /Mars /2011 10:27

Pétition
à l'attention des députées et députés européens

 

Concerne : Directive sur les plantes médicinales traditionnelles

Madame, Monsieur,

Venant d’apprendre avec stupeur le projet Européen concernant l’interdiction des plantes médicinales, je m’insurge quant à cette violation primaire aux droits humains.

De nombreuses personnes se sont toujours soignées par les plantes et ont constaté leur grande efficacité.

Doit-on devenir des cobayes des lobbys pharmaceutiques sans alternative, sachant que les médicaments qui soignent un problème spécifique peuvent avoir des effets secondaires catastrophiques à d’autres niveaux ?

J’estime qu’on ne peut pas annuler un savoir ancestral de médecine par les plantes pour le seul profit de multinationales pharmaceutiques.

L’heure est très grave et je vous prie de prendre en compte ce cri d’alarme avant que de sérieux problèmes n’émergent.

Il convient d’apporter en urgence des amendements à cette directive afin qu’elle prenne davantage en compte les préparations à base de plantes non-Européennes.

Je vous prie instamment d’exercer les pressions nécessaires au Parlement européen ainsi que sur la Direction générale de la santé et des consommateurs (DG SANCO) afin de présenter de tels amendements.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, mes meilleures salutations.

 

*****

 


Lisez et écoutez le message jusqu'à la fin !!! http://www.defensemedecinenaturelle.eu/
Pendant qu'il en est encore temps; signez vite si vous ne voulez pas
enrichir les richissimes laboratoires et garder encore un peu de liberté !
Merci

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Mercredi 16 mars 2011 3 16 /03 /Mars /2011 11:31

Les morales indigentes et la non assistance à pays en danger

ou

L’urgence de ne rien faire

 

Messieurs les politiques, devrais-je encore voter, hurler des Marseillaises pétrifiées, alors que la honte me ronge ?

La honte me ronge car rien n’a changé depuis l’abandon des républicains espagnols, depuis la trahison des soldats juifs étrangers offerts aux nazis, depuis le massacre consenti des harkis ; oui, rien ne change. Dans l’Europe des rats, Marine fait son cirque, Mamie règle ses comptes et la tv passe ses pubs. Circulez y’a rien à voir.

 

En Libye, à coup de canons, de chars, et de massacres aériens, un dictateur taille la liberté dans le sang d’un peuple.

Et vous, Messieurs les Chefs d’États, comme toujours vous arpentez le devoir d’attente.

 

En Côte d’Ivoire un autre dictateur organise ses chasses à l’homme.

Et toujours, chers politiques, de ronds de jambes en discours creux, vous perpétuez vos stratégies de l’immobilisme. Votre perpétuelle urgence, c’est l’attente, l’attente que ça passe.

 

Un pays bascule dans l’horreur absolue : tremblement de terre – tsunami - catastrophe nucléaire… des millions d’hommes sont prisonniers d’une zone à risques et toujours cette infâme comptabilité, cette même mesure du justifiant, cette même équation : ce qui ne me touche pas peut attendre.

Trop longtemps, Messieurs les dirigeants, que dans le monde, les ONG sous-traitent votre indifférence.

 

Qui empêchera les peuples de se faire assassiner ?

Qui fera un pont aérien pour sauver une population d’un possible holocauste nucléaire ?

 

Messieurs les gérants de belles idées, vous qui chantez la fraternité et qui, les bras croisés, laissez la mort courir, ne donnez plus de leçons aux marchands de morts.

Rentrez vos discours  comme je rentre mes larmes comme explose ma honte.

Une civilisation qui économise ses moyens quand il faut sauver des peuples, n’est pas plus une démocratie, qu’une république, c’est une puissance d’opérette, un caroussel pour  pantins.

Messieurs les idéologues, la liberté et la dignité valent le prix du sang.

Messieurs les Présidents, qui peut encore croire à l’avenir, quand vous bradez nos utopies.

Rien n’a changé. Les couards gémissent devant la télévision en bouffant leur pâtée audiovisuelle quotidienne.

Rien ne change et nous sommes encore complices.

Je ne dis pas merci.

JMS

 

 

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Mardi 1 mars 2011 2 01 /03 /Mars /2011 18:51

C’est jour de fête

Mais à la bataille des pleurs, le soleil s’est lassé

L’âme à reculons, je me cherche au fond des mélancolies

La vie est un espoir érodé et le temps fait mal

La grenaille des jours écule l’avenir

C’est une heure de crépuscule enrayé

Dans un décompte qui court, qui court, qui court

Comme un enfant qui joue

Je me demande, je me demande, je me demande

Est-il trop tard ? Est-il trop tard ? Est-il trop tard ?

Il y a cent millénaires que j’attends d’être là

Mais la route est en pente

Et moi, les doigts agrippés à des ambitions inachevées

Au fond de cahiers d’écoliers qui ne retiennent plus la nuit 

Je glisse, je glisse, je glisse

Et moi comme un moineau dans les griffes de l’épervier

Je m’accroche, je m’accroche, je m’accroche

À l’amour

Et au filet des jours

Je ne rêve plus, je ne rêve plus, je ne rêve plus

Je pars

Partir me fait moins peur que mourir sans avoir tout dit

Mourir ne me fait pas peur, ne me fait plus peur

Mais ce qui m’est à faire est trop vaste pour la somme des jours

Les doigts agrippés à des ambitions inachevables

Je glisse, je glisse, je glisse

Dans les ventres des nuits

Au fond de la mélancolie

Je cherche, me cherche, te cherche

Ai-je tout dit ? T’ai-je tout dit ?

Je me cherche comme un oiseau qui se demande

Est-il trop tard ? Est-il trop tard ? Est-il trop tard ?

C’est une bataille des pleurs

C’est le jour qui passe

L’âme à reculons, au fond de la mélancolie

Je cherche, me cherche, te cherche

Encore, encore, encore, je veux courir

Je veux dépenser mes jours, sans report, sans regret

Je veux sans compter payer mes comptants de bonheur

Je veux caresser, frémir, goûter

Je veux vivre sans épargner mon souffle

 

Et tout dire avant que la nuit ne me cherche

Je ne crains pas l’intense.

 

JMS

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Poésie - Essais

- Cheval fou  D'amour et de colère
- Une étoile dans le sang
- À l’ombre des réverbères J'ai faim, j’ai froid, j’ai peur
- Le racisme comprendre,expliquer, contrer 
- Mémoires des pierres et du vent Mémoires d’exil
- Opus 24 Requiem pour 68 
- Lettre à l’enfant qui dort Mémoires d’exil
- Occident/Accident de conscience
- La diagonale du silence
- Lettre à mon Alzheimer Le festin de l'araignée
- De moi à moi
- La couleur des mots jusqu'à la douleur (illustrations Svensson Uno)
- Le manifeste du pélican
- Les confidences de Maxime le Chat 
- Dernières nouvelles de mon chat
- Plus frère que frère
- Mon chien mène l'enquête
- Les confidences de Maxime le chat
- Dernières nouvelles de mon chat
- Derniers délires avant inventaire
- Juliette - 20 Siècle de Solitude (Tome 1 : une enfance à Oran)
Jeunesse
Chats ! Chats ! Chats ! (illustré par l'auteur)
- Loup ! À pas de loup (illustré par l'auteur)
- Les chats (illustrations Slobodan)
- Dompteur d'étoiles (illustrations Slobodan)
- L'Enfant trèfle (conte illustré par l'auteur)
- Le Père Noël, l'Ogre et la Licorne (conte illustré par l'auteur)
- Les Wakikinous - le racisme expliqué aux enfants - (Illusré par l'auteur)
- Berger d'arbres (illustré par l'auteur)

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