Jeudi 21 juillet 2011 4 21 /07 /Juil /2011 11:13

On ne devient un homme que lorsque l’on comprend que la tendresse n’est pas une forme nécessiteuse de l’amour mais la pleine expression de l’amour hors des contingences des exigences du désir.

J’affirme que sans tendresse, il n’y a pas d’amour authentique.

jms

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Mercredi 13 juillet 2011 3 13 /07 /Juil /2011 15:18

Ô ma douce

Si tu savais, moi, ton ténébreux chevalier

Ton forgeur de rêves et de tendresse

Sous la lune aux clartés dépolies

Alors que le vent tire ses nuages

à l’ombre bleue d’une nostalgie attardée

Si tu savais

Moi, ton forgeur de rêves et de tendresse

Moi qui parcourt l’innocence des pays d’enfance

Je me suis fait attaquer

 

Ô ma douce

Ils sont venus à plusieurs

Ils sont venus du fond du printemps

Du profond de l’été et de partout

Ils ont déchiré ma quiétude et la saveur des lavandes

Maintenant, j'ai mal à mon orteil droit à mon pied gauche

Sans me monter le coup, j’ai mal partout

Par chance, ils ne s'en sont pris ni au cœur

Ni au noyau de mon âme

Ils n’ont rien touché de ma conscience ou de mon envie de rire

Ce n’est que du sang qu’ils m’ont arraché

 

Ô ma douce

Les as-essaims du clair de nuit

En bande sont venus

Leurs hordes-z-ailées m'ont mordu

Les bras les jambes

Tant et si bien que moi-même, ton capitaine courage

J'ai pris mes jambes à mon cou, mon tuba bleu

Et je me suis caché dans la baignoire


Modeste victoire

Les moustiques iront manger ailleurs

Rassure-toi, je ne leur ai pas dit que tu étais douce et délicieuse

Et surtout, je ne leur ai pas donné ton adresse

Si tu en vois, je n'y suis pour rien
Mais s'ils te disent je t'aime, alors sûr que j'y serai pour quelque chose.

JMS

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Lundi 4 juillet 2011 1 04 /07 /Juil /2011 16:01

Ma maison d’autre mer est restée in-accostée

Mes rêves encore y naviguent dans une eau de sel

Mes yeux gouttent comme une mémoire de source et de regards perdus

J’ai du sable et des fissures de pierres dans le flot escarpé d’une enfance qui s’enfonce

Je piétine une obscurité de décennies qui grésillent comme des branches de palmier

 

Au matin, mon âme se perd dans de petits jours où les boutons d’or sont en exil

Dans la cadence apatride du cœur, j’arpente l’aigre du destin

Je palpe le cri mort du vent dans l’oued, je ploie les rides tristes d’un regard dépoli

Dompteur de chauves souris et de rêves interdits, j’accoutume l’oubli

 

Mes rêves naviguent encore

Et si le sel se noie, je me souviens la règle sur les doigts et le cri de la craie

Encore je me souviens de la couleur des joies et du partage des rires

 

Avant qu'on ne déterre le verbe partir et le rouge du sang

J’aimais l’ombre et la tanière des mots

J’aimais le vent et les cyprès

 

Loin de ma maison d’autre mer

J’ai vu valser les chrysanthèmes

D’hier à aujourd’hui, j’ai vu courir la vie

Et ceux qui en partent comme l’on divorce d’avec le jour

 

Encore mes rêves naviguent entre la pluie et l’insomnie.

 

Près de ma maison d’autre mer

Le temps trahit l’enfance

Il n’y a pas de retour

L’ivresse des prières déclame la mort

Jusqu’à la fin, il me faudra fissurer la pierre

En extraire des graviers de mémoires

 

Courir, écrire, me taire, sur les moiteurs de l’aube

Courir, écrire, se taire

Ne rien oublier n’efface pas la frontière

 

Je marche sur des cadavres de rêves oblitérés

Les territoires de l’exil enfantent la nostalgie

Mes yeux gouttent comme une mémoire de source et de regards perdus.

 

JMS

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Lundi 4 juillet 2011 1 04 /07 /Juil /2011 15:57

Invitation-expo-slobodan.jpg

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Dimanche 26 juin 2011 7 26 /06 /Juin /2011 19:36

Tout bouge autour. La mer d'un bleu frais, les mouettes bavardes, un flot de monde dans les allées, et le soleil tout neuf brûlant ses cartouches d'été sur les tentes blanches du Salon du Livre. Nous sommes assis les uns à côté des autres, des oignons qui sèchent et sourient. Les gens vont, viennent, passent. Certains regardent, distraits, fermés, ou indifférents. D'autres approchent les livres comme des gourmandises, s'arrêtent, questionnent, s'intéressent. Un très vieux monsieur dit : "il y a des ombres qui restent". Parle-t-il de lui ou d'un souvenir qui guide ses mains ? Une dame cherche "de la vraie poésie". Pas celle comme la mienne qui ressemble aux mots de tous les jours mais "la vraie poésie avec des rimes et des titres". Elle s'éloigne dans un haussement d'épaule. Et la jeune anorexique dont les os des clavicules trouent son vêtement comme des moignons d'ailes avortées. Elle écoute, légère, la réponse que je donne à sa question, puis me demande quel est mon livre le plus triste, le feuillette et s'en va, transparente dans la foule épaisse. Et aussi le professeur, "j'ai tous vos livres, j'en parle dans ma classe de seconde littéraire". Tout ce remue-ménage de gens, de livres. Tout bouge autour. Dedans aussi. Et celle qui écrit accompagne l'élan, du regard, de l'âme. Le contact en plus des mots. Cette joie au milieu. La gratitude.

Ile Eniger - Le raisin des ours - à paraître

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Jeudi 23 juin 2011 4 23 /06 /Juin /2011 23:30

Elle s’approcha

Petite femme fine

Élégante et sobre

Au regard, une tristesse timide.

 

Un livre l’appelait, la happait

L’accrochait comme une ronce à la robe du destin.

Elle était là, face à lui

Captive d’une effrayante fascination, tétanisée.

 

À petit pas, elle oscilla longuement

Entre un livre sur les chats

Et le cri terrible d’un autre livre : "Lettre à mon Alzheimer"

Très longtemps elle sembla flotter entre les deux

Effeuillant le livre en tendresse chats

Puis s’approchant de l’autre.

 

À maintes reprises elle le saisit d’une main tremblante

Le titre de feu la brûlait

Une violence invisible la contraignait

À prendre, à poser puis reprendre ce livre

Une moisson de douleurs s’agitait entre ses mains.

 

Quand enfin elle réussit à entrouvrir les pages

Lèvres serrées, elle parcourut le chemin d’encre  noire

Dans un silence d’enfant perdue dans la maison de l’ogre

Elle traversait l’intensité de chaque mot

En libérant quelques soupirs.

 

Un ralenti du temps la figeait dans un monde ailleurs

Ailleurs mais si proche de moi, si proche de nous

L'intensité du moment laminait toute respiration

Enfin elle me parla…

Parole de crucifiée aux barbelés de l’oubli

Sourire d’enfant perdue au mouroir de la vie

Demande désespérée : Pourquoi oublie-t-on qu’ils sont encore des hommes 

Je posais de maigres mots sur l’insoutenable blessure.

 

La vieille dame à la tristesse timide

S’excusa de ne pouvoir acheter qu’un seul livre

Demanda une dédicace

Puis la foule l’emporta.

 

Depuis sa douleur me côtoie

Depuis je lui parle

Comme elle parle à l’absence.

JMS

 

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Jeudi 23 juin 2011 4 23 /06 /Juin /2011 22:57

 Dans cette France où Éric Cantona et Laurent Blanc font plus d’audimat que Victor Hugo, dans ce monde où les médias orchestrent la gloire, les poètes sont et restent les précaires chroniques de la notoriété, des marginaux de salon qu’il convient de ne pas trop montrer ! Il serait temps que politiciens et responsables d'événements dits culturels, apprennent que le vivre ensemble passe par une valorisation de la culture commune qui fait le ciment d’une identité.

 

Il est temps que l’on sache que la coupe du monde de football et les débauches financières qui font les choux gras des médias ne sont pas la Culture mais de l’événementiel ! Dans deux mille ans Homère, Proust, les philosophes, les poètes et les grands écrivains seront encore là ! Si aux hit-parades des chaînes de télévision, les émules d’Homère, Proust et autres littéraires sont minoritaires et moins visibles que les Hooligans, la Jet-Set et autres dérives ou excès, ils n’en restent pas moins notre véritable Culture.

Je remercie donc la ville de Nice et tous ceux qui luttent contre désacralisation de la Culture ; les écrivains qui appellent à une réflexion distancée des contraintes du profit et du plaisir ; les organisateurs du Salon du Livre de Nice qui ont fait une place aux poètes en les recevant cette année sans ségrégation aux tables d’écrivains ; les lecteurs qui, par leur présence, justifient cette fête du livre.

 

Hors la joie de retrouver une grande partie de la famille des poètes de Nice et des lecteurs avec qui j’ai tissé de vraies amitiés aux cours de dix années du Salon Littéraire, il y eut également des rencontres émouvantes. Comme cette dame belge de santé fragile programmant ses vacances en fonction des dates du Salon du Livre et se demandant chaque fois si elle sera en état de revenir l’année d'après me parler de ses amis les bêtes en feuilletant mes nouveaux livres. Moments de désarroi aussi : la visite d’une amie chère, sœur en poésie, qui depuis une dizaine d’années se bat contre une maladie qui l'ampute de ses muscles et qui cette année, poussée dans un fauteuil roulant, a fait l’effort de venir nous dire qu’elle ne nous oublie pas. Puis la visite d’une vieille dame à qui je dédie le texte qui suit. Et bien d'autres encore. Contacts bouleversants et justifiant l’envie d’écrire et de dire que les mots ont un sens, que la poésie plus que jamais doit être une fraternité d’âme.

Je dis à tous mes lecteurs merci, car le partage du mot ne se fait pas que dans l’écriture, il se fait dans l’espace d’une compréhension réciproque. Merci, amis invisibles de partager ce que le poète a de plus fragile : l’intimité de ses mots, de la joie à la douleur.

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Bibliographie JMS

SANANÈS Jean-Michel 

Éditions Chemins de Plume ©

Poésie - Essais

- Cheval fou  D'amour et de colère
- Une étoile dans le sang
- À l’ombre des réverbères J'ai faim, j’ai froid, j’ai peur
- Le racisme comprendre,expliquer, contrer 
- Mémoires des pierres et du vent Mémoires d’exil
- Opus 24 Requiem pour 68 
- Lettre à l’enfant qui dort Mémoires d’exil
- Occident/Accident de conscience
- La diagonale du silence
- Lettre à mon Alzheimer Le festin de l'araignée
- De moi à moi
- La couleur des mots jusqu'à la douleur (illustrations Svensson Uno)
- Le manifeste du pélican
- Les confidences de Maxime le Chat 
- Dernières nouvelles de mon chat
- Plus frère que frère
- Mon chien mène l'enquête
- Les confidences de Maxime le chat
- Dernières nouvelles de mon chat
- Derniers délires avant inventaire
- Juliette - 20 Siècle de Solitude (Tome 1 : une enfance à Oran)
Jeunesse
Chats ! Chats ! Chats ! (illustré par l'auteur)
- Loup ! À pas de loup (illustré par l'auteur)
- Les chats (illustrations Slobodan)
- Dompteur d'étoiles (illustrations Slobodan)
- L'Enfant trèfle (conte illustré par l'auteur)
- Le Père Noël, l'Ogre et la Licorne (conte illustré par l'auteur)
- Les Wakikinous - le racisme expliqué aux enfants - (Illusré par l'auteur)
- Berger d'arbres (illustré par l'auteur)

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