L'homme n'est-il pas la somme de ses poèmes ?

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Il y a, en moi, des mots et des images-mantras mariés à mon âme.
Cinq heures du soir* résonne dans mon sang*
comme ce Il dit non avec la tête  ou,
ces plongeons rentrés* qui parfois me font ignorer le danger.

Les mots qui m'ont enfanté sont puissants comme la mémoire.
Je cherche un père,
Est-ce toi Lorca, toi Aragon, toi Rimbaud, toi Camus,
ou toi, Prévert, qui enchanta mon enfance ? *
Pourrais-je vivre sans un peu de Neruda dans mon sang ?
Quel est cette chaise*, ce cri*, ce dormeur*, devenus images
qui imprègnent mon univers et m'interpellent ?

Pardonnez, amis, si je me shoote davantage à la poésie
qu'aux Te Deum, parachats ou sourates,
pardonnez, Frères Humains*
j'aime la vie et ses peuples :
mes frères primates, l'herbe et l'insecte,
j'aime tout ce qui porte l'espérance de vivre.

Pères, je pleure sur l'inculture de ceux qui vont,
couteau à la main, souiller le sacré du vivant.
Est-il pire crime que de vivre sans aimer son prochain ?
L'homme n'est-il pas la somme de ses poèmes ?

* Ce fut en avril à cinq heures (Louis Aragon) - * Au Cabaret Vert, cinq heures du soir (Arthur Rimbaud).- * Les plaies brûlaient comme des soleils à cinq heures du soir (Federico Garcia Lorca) -* Les plongeons rentrés laissent parfois d'étranges courbatures (Albert Camus) - * Il dit non avec la tête, mais il dit oui avec le cœur (Jacques Prévert) - * Si Je meurs et si tu ne meurs pas (Pablo Neruda) - Le dormeur du val (Arthur Rimbaud).
* La Chaise de Vincent van Gogh.- Le Cri de Munch

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