Tout s'achète et se vend

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Quand les murs sont vivants
les hommes sont en cage,
la sueur mise en gage.

Un ciel sans soleil a congédié la pluie.
Les arcs-en-ciel se terrent dans le fond des bouteilles.
La lie du désespoir leur sert de couleurs.

Le monde paie ses factures sans soigner ses fractures.
Les banques saignent l’espoir au profit de la mort.
Les enfants des banlieues braquent le désespoir
pour s’injecter du rêve.

À la Bourse des viandes le cours de la vie baisse.
Tout s’achète et se vend.
On ne donne que le sida, le cancer et la faim.
Les tiroirs caisses enterrent le chant des coloquintes.

Dans le ciel des hommes
les affiches des stars remplacent les étoiles.
Les oiseaux naissent avec du plomb dans l’aile.
De l’opéra des pauvres à la cour des miracles
les clowns grincent des dents.

Le monde sent l’essence et l’argent mal blanchi.
Laissant les vieux dans les mouroirs
et les enfants dans les couloirs
on ne verse plus de larmes qu’aux cimetières d’autos.

Il n’y a plus d’endroit
où la vie soit la vie,
où la mort soit la mort.
Tout s’achète et se vend,
même les mots et les couleurs,
même les hommes et la douleur,
les passions, les amours
et la chair des enfants.

Jean-Marc La Frenière

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