La distance de l'ombre et pourtant... (À toi ma tante)

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Années 50/54

À toi ma tante, dans la distance de l'ombre
et pourtant...

Vous êtes partis.
Vous êtes tous partis…
Je gomme, je dégomme,
je m'appelle à l'imparfait des mémoires,
le temps grince comme un rêve écrasé,
le temps efface les couleurs.
Restent quelques images où le regard s'accroche,
Toi, avec ton chien, ton chat,
ton sourire et un je ne sais quoi dans ton regard
qui retient.
Une phrase jamais dite, résonne,
nous sommes-nous jamais rencontrés
en ce centre où l'éternité se fige ?
Quelque chose pourtant reste là,
dans ce sourire sans question,
il y a de la grandeur dans la fierté
 à aimer un chien, un chat.
Où es-tu maintenant ?

À frontière d'une photo,
un instant de vie se cramponne.
Pénétrer ce regard, est-ce indiscret ?
Fouiller le vide et y trouver de la tendresse, cela est-il fou ?
Tu es l'écho de papier perdu dans l'immensité des Temps,
vision d'un film de vie réduit à un cliché,
et je ne suis rien d'autre qu'un moment de conscience
arrêté sur un fragment de passé,
le frisson d'un œil qui fusionne avec l'infini.
.
L'essentiel se réduit au précieux des jours,
à une image où chiens et chats qu'on aime
effacent les coups de vie.
Reste l'émouvance d'un écho où se dissout
l'image d'un siècle lointain.
Reste en moi le trouble
face à l'effrayante fugacité de cette vie,
si fragile.

jms13/12/2020

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