À Tristan Cabral (réponse son texte "Si je meurs seul (ultima verba)"

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

Un jour j'irai à Arcachon,
j'y viendrai avec quelques-uns de tes poèmes en poche
et aussi ceux que tu me lisais.
Je t'apporterai des nouvelles de ceux qui t'aiment*
et ton Rimbaud, le bleu de poche 498,
et des poèmes, des poèmes, des poèmes,
des poèmes de tous ceux que tu as aimés.
Dans le fracas des cohues,
je ferai provision de chants d'oiseaux,
je te prendrai par le vent,
par ces flèches de lumière
que tu décochais à l'obscur des Temps,
par ce veston velours à l'odeur d'amour et de révolte,
par la bordure de mots sans adieux et sans larmes
puisque nous nous reverrons.
Sur le sable,
au pied du chant des siècles,
je déposerai nos passés,
nos mères et leurs douleurs,
une photo de Fortino Samano,
un flamenco,
une armada de rires de gazelles en attente d'aurore,
et tout ce qu'il nous faut laisser.
Nos projets d'ici-bas,
je les léguerai à ceux qui parlent d'aimer,
aux enfants de promesses et de lendemains.

JMS le 16/11/2020


* Note. Disant cela, je pense particulièrement à Michèle ton amie fidèle qui m'envoyait tes textes et à André Chenet, celui qui se disait ton petit frère et nous a présentés.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article