Un jour

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Un jour
Un jour comme celui-ci
un jour où tout est noir
Qui a tué les étoiles de la nuit
qui a tué l’espoir
qui a bâti ce passé
qui a construit ces murs de fatigue
qui nous a exilés du bonheur
en captifs de la société ?

Huit heures - midi
deux heures - six heures
Quelles sont ces digues
entre le temps à vivre
et le temps à passer ?

Faut-il être ivre
pour ne pas hurler ?
Jouons de la gomme à tristesse
Au cœur des bouteilles est un feu d’oubli
qui consume la fatigue des heures amères
Au cœur de Marie-Jeanne
naissent des souvenirs feutrés
Aux portes de la conscience est l’ivresse
cette brume où vivent les chimères
il faut dire que ce n’était pas un hasard
si le génie d’Aladin
habitait une Dame-Jeanne

En déstructurant la mémoire
cette poubelle à réalités flétries
naissent des vérités sélectionnées
naissent d’autres amours
Quand meurent les souvenirs du jour
meurent les cauchemars
Le rêve est une réalité
où la fête se blottit

Pour que vienne amour et plaisir
il suffit de vouloir
Le bonheur se tisse
aux lueurs de l’espoir
Chaque heure qui glisse
sans tendresse ni sourire
est une heure qu’on nous vole

Enfants expatriés
derrière le dernier rempart de notre liberté
dans le jardin de nos rêves
aux confins de la conscience
Faisons la grève
la grève à leurs exigences
la grève à leurs réalités
Sombrons aux clameurs de l’ivresse
inventons les couleurs
dessinons le bonheur

Aux chaleurs de l’alcool
il faut peindre la tendresse
jouer de l’arc-en-ciel dans les nuages

Et tant mieux
si le temps s’y prend les pattes
chacun y choisira son âge.

jms-1966
in Cheval fou et Chemins de pluie et d'étoiles

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