Ce n'est pas le mot qui piège

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

À casse silence
il y a des mots couteaux
qui taillent et entaillent le futur
l'arriment à des promesses, à des espoirs périmés.

Ce n'est pas le mot qui piège
c'est le cœur qui s'accroche à des rêves et des mirages désabusés.

Toi, tu cours
tu cherches l'ami, le cœur qui t'avait tout promis
la vieille école qui a fermé
ta maison inoubliée et ce visage où tu lisais l'amour d'une mère
tu te souviens d'une vieille prière et d'un paradis égaré
tu te souviens de la tempête et des fusils.

Tu  parcours des odeurs de vent, d'amitié et de rêves
où s'encraient les griffes princières de cette chatte que tu aimais.
Tu revois même ce chien avec qui tu jouais…
mais comment s'appelait-il donc ?
Tu cherches dans des puits d'oubli

tu creuses les ricochets d'un silence sans fond

Tu les cherches
tu te cherches où tu n'iras plus.


Où sont les rêves,
les soleils souriants de ce pays de sable, de palmiers et d'enfance
le piétinement des rires avant que l'école n'ouvre ses portes
le bruit des vagues que l'aurore martèle encore ?

Tu cours
tu cours autour de toi
le cri du lointain se fracasse dans des vacarmes d'oubli
mais encore tu t'acharnes à vouloir ouvrir la nuit
tu revois le tableau, le désespoir
l'écharde du jour et les couteaux qui entaillent ta mémoire
il est tard
les hirondelles ne reviendront plus
le cri de la craie vrillé sur le tableau noir s'efface devant l'éponge
la nuit aboie comme un chien oublié.

Il est tard, trop tard
ce n'est pas le mot qui piège
c'est le cœur qui, encore, s'accroche à des rêves.

 

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