Ma lettre au Père Noël

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Ma lettre au Père Noël,


Mon cher Petit Papa Noël, j'espère que tu pourras venir me voir après le long voyage que tu as fait depuis ce Pôle Nord où, je crois, le climat s'arrange, il commence à y faire moins froid, paraît-il. Mais ce n'est pas cela qui m'inquiète le plus. Aux informations, j'ai entendu dire que, bientôt, tu seras interdit de séjour chez nous ! Il serait déjà devenu incorrect de parler de vacances de Noël ! Nos traditions les agacent tant, qu'il leur semble plus convenable de les remplacer par des vacances d’hiver et nos vacances de Pâques par des vacances de printemps ! Je dois te dire que je ne sais pas comment ils vont appeler les fêtes de la Toussaint, celles de l'Aïd-el-kébir, et celles de Pessah !

Mais, si tous les enfants de France manifestent avec moi, peut-être t'autorisera-t-on à venir nous voir quand même ! Au cas où cela ne serait pas, je t'en prie cher Papa Noël, fais de la résistance et viens ! N’hésite pas à attacher ton chariot, très discrètement, au grand cyprès du 13, rue des Trois Orangers et de passer par les cheminées, tous les enfants t'attendent. Moi, j'habite la maison rose, viens de préférence pendant la nuit du 24 au 25, parce que pour respecter la  Fête, mon petit cousin sera chez moi.

Tu sais, il n'y a pas que toi qui est en danger, les crèches et toutes nos traditions leur font peur et maintenant j'ai peur moi aussi  pour mon petit lapin ! Mais lui, s'il se cache bien en passant par les terriers pendant leurs vacances de printemps, il prendra moins de risques que toi s'il veut bien continuer à venir cacher quelques œufs de Pâques dans ma chambre.


Ce qui me ferait vraiment plaisir cher Papa Noël, c'est que tu apportes aussi des sourires, de la bonté, de la tolérance et de la gentillesse aux grandes personnes. Apprends-leur à s'aimer et à ne plus faire de guerres, apprends-leur aussi à ne laisser personne dans la rue. À ce qu'on m'a dit, tu as de la chance car, pas très loin de la France, il est des pays où fêter Noël, Pâques ou la Saint-Valentin, est très dangereux, et pas seulement pour les Pères Noël, les lapins de Pâques ou les amoureux ! Nous, heureusement, nous n'en sommes pas encore là.


Viens, mon Petit Papa Noël, moi je t'attends et je ne suis pas le seul. N’aie pas peur, pour tous, et dans mon école, Noël est encore la Fête des enfants, d'où qu’ils soient. N'aie aucune crainte, tu reconnaîtras sans difficultés ma cheminée car, encore cette année, à la place de mes petites chaussures, j'ai mis les grandes bottes de pêche que Grand-père m'a prêtées. J'ai bien grandi, j’ai été presque sage, et cette année encore j'arriverai à manger tous les chocolats.

À bientôt mon petit Papa Noël,



Ps. La  liste des cadeaux que je souhaite est sur mon bureau.

 

 

Publié dans Coups de gueule

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