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CHEVAL FOU - (Jean-Michel Sananès)

Petit silence expliqué

26 Novembre 2014, 16:15pm

Publié par Cheval fou (Sananes)

J’ai longtemps cru que j’écrivais pour, et avec, une famille de cœur et d’esprit.

Les commentaires sur mes articles "coup de gueule" sur mon blog et le réseau facebook, de même que ceux que j’ai lus sur le Moyen Orient, telle l’affirmation que les 3 jeunes israéliens avaient été assassinés par des "juifs" dans l’intention d’en tirer profit, alors même que les coupables sont connus, qu’ils revendiquent leurs crimes et que l’on sait combien le Hamas les a payés, m’ont vivement contrarié.

De même, les publications de poètes palestiniens exclusivement opposés à la cohabitation de deux États.

De même, la prise de position des plumes de la conscience en faveurs des Islamistes du Hamas alors même qu’ils utilisaient leur peuple comme bouclier humain.

De même, les commentaires m’incitant à combattre la cause palestinienne ou me demandant de relayer sur mon blog des textes de haine ou plus simplement encore des prises de positions telles celle du journaliste et poète tunisien Salem Benammar ou de la sociologue d’origine syrienne, Wafa Sultan sur Gaza.

Je ne veux pas être un porte-plume des Djihads de toutes sortes, je ne veux être qu’un quêteur d’humanité ou un modérateur.

Mes écrits sont de simples appels à l’impartialité et jamais au meurtre ou à la diffamation.

Lors de ces déversements de haine, il m’est clairement apparu que d’un bord comme de l’autre, ceux que je croyais être les porte-plumes de la conscience, n’étaient que des serviteurs de causes fantasmées, se nourrissant de la caricature de l’autre pour devenir des propagateurs de haine.

Aucun regard juste ne peut exister si l’on ne sait pas aimer tous les protagonistes d’un drame. La justice et le combat ne sont pas d’un même registre. Le passionnel et la raison sont incompatibles. Je me suis aperçu avec tristesse que ceux que je croyais ma famille de cœur avaient soutenu, chacun dans leur camp, les partisans de la destruction des autres alors que je les avais imaginés serviteurs d’une conscience attachée à la fraternité humaine, à la laïcité, et au droit de vivre dans le respect de chaque identité quand cette identité n’appelle pas à l’assassinat d'autrui.

Mon écœurement a été tel que je n’ai pas répondu aux articles haineux tant je me suis senti loin de l’envie de polémiquer sur des jugements à partialité asymétriques et à vocation incendiaire si ce n’est criminelle. Cette asymétrie je crois encore pouvoir la mesurer en comparant par exemple la fréquentation de la manifestation "Pas en notre nom" contre l’EI et ses décapitations ne recueillant que quelques centaines de participants, et les manifestations de soutien au Hamas et les appels au meurtre avec des milliers de participants.

                                                                                               

Si avec amertume je constate que les derniers grands rassemblements de masse n’ont été que des victoires de la haine de l’autre, je garde cependant intacte ma détestation des manipulateurs et des fanatiques.

Pour un temps,  jusqu’à ce que l’envie d’écrire de nouveaux coups de gueule me revienne, j’éviterai les écrivains de l’indignation asymétrique.

Hors mes textes engagés déjà écrits et en quête d’éditeur, j’écrirai des fictions et ne m’adresserai qu’aux peuples du cœur de l’innocence et de l’utopie, je veux dire les enfants, mes amis de la fraternité, et les chats.

JMS

 

 

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