Ile Eniger : La part du pèlerin

Publié le par Cheval fou (Sananes)

La part du pèlerin

Dans quel monde vivons-nous qui ne sait – ne veut - rien voir, entendre, dire, qui ne soit sous la férule de la grande illusion ? La folie destructrice de l'homme court à son apogée. Indifférente, laxiste, accommodante. Partout des leurres. Le culte suprême du plaisir, ronge. Il n'y a pas de petits écarts, même les plus anodins (ceux que l'on s'accorde comme les plus anodins), modifient la vie. Chacun est vecteur de la route. Rien ne peut changer sans décider de faire d'abord en Soi. La part du pèlerin. Le monde va mal parce l'humain va mal. A mal fouler le raisin, le vin vire au vinaigre. Aucun discours, velléités, duperies, réseaux miroirs aux alouettes, ne réparent la part manquante. Seuls les actes d'un simple amour journalier cultivent le meilleur pour tous. C'est par l'infinie transparence et la proximité d'êtres qui s'aiment que la vie sera aimante ou ne sera pas. Nous sommes responsables du monde que nous laisserons à nos enfants, nous sommes responsables des enfants que nous laisserons au monde. Voilà pour la réflexion du jour ! Maintenant, je me rends au silence des arbres, à la messe des herbes dans le grand champ naturel. Leurs présences sûres, réconfortantes. Allons, le jour a ouvert sa galerie d'art, la gratuité de la merveille donne le vertige. Le bon vertige. Celui qui ouvre le travail d'équilibre. Nous avons le monde que nous méritons. Le labourage à ensemencer commence dans l'âme de chacun. C'est dans la rencontre exacte du vertical et de l'horizontal que le point de conjonction met en place la levure du vivre dans la joie. L'amour est une terre cultivable.

Ile Eniger - Le monastère de l'instant - (A paraître)

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Publié dans Ils disent

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Clandestins de la luxure des aubes, nous nous retrouvons à l’équinoxe de nous-mêmes. Nous charrions nos âmes comme des bateaux assoiffés de mers généreuses. Nos amarres sont des déserts de sable pourris par le soleil lance-flammes. Il nous faut assainir nos corps regorgeant d’ombre et d’épices malveillants. Ecoper les peurs qui se traduisent en meurtrières infâmes, et nous soumettre à la fleur de nos exigences viles, avant de dégorger du purin de nos ataviques pulsions guerrières. Tout est vide dans le sceaux des espoirs déchus. Le néant cogne sa tête sur la première pierre venue. Rien ne contient rien. L’ombre qui a épousé la lumière et le séant endémique des actes irréfléchis convoitent tous deux la route de l’éclat brisé. C’est dans la faille qu’est le meilleur abri. Dans la plaie qui n’a pas renoncé à en découdre avec la peau du jour.

Mieux vaut en rire. Seule la fêlure se baigne d’illusions. La destruction de l’homme par l’homme s’achalande de grimoires sans vergogne. La panoplie du -tout-va-bien- dans le meilleur des mondes s’effondre sous les semelles de la honte. Meurs de faim, je mange car même. Souffres de la violence des coups, je vis car même. Sois rejeté, j’ai encore des collègues pour me tenir compagnie. Hypocrisies et mensonges assénés à coups de flashs télévisés, j’ausculte ma propre survie comme le seul miel possible. J’ai le goût du vertige sur le bout de la langue. Je mange et je dors sur le pupitre des raisons défaillantes. Il ne se passe pas un jour sans que j’abandonne le navire commun de la convivialité parturiente. Le déraisonnable ? C’est d’avoir oublié que la parole m’a été donnée pour cultiver la salive commune. C’est d’omettre le geste qui se partage simplement et le désespoir qui fait tanguer mon cœur jusqu’au désarroi des hommes bien portants lorsqu’ils marchent sur la ficelle rugueuse de ceux qui essaient de conserver l’équilibre. Le lien qui se féconde hors de mon énergie vitale ressemble à la corde à laquelle je me pends. Je meurs mille fois par jour lorsque je fais fi des images de la misère qui accoste la mienne. Je suis dépossédé lorsque je suis désuni du monde dans lequel j’avance sans être l’acteur de mes propres vilénies.
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