Au tribunal des oiseaux

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Au tribunal des oiseaux
Je plaiderai coupable.

L’amour que je n’ai pas donné
Je l’ai volé
Volé
A ma femme
A mes enfants
A mon chat
Au hibou qui niche sur mon arbre
Volé
A l’enfant de la rue que je n’ai pas entendu
A l’affamé que j’ai ignoré
A l’aveugle que je n’ai pas éclairé
A la haine que je n’ai pas éteinte
Au souffle de vie
Que je n’ai pas honoré.

Au tribunal des oiseaux
Je plaiderai coupable.

Coupable de ne pas avoir pardonné
Aux porteurs de faux sourires et autres escrocs de l’amitié
Coupable de ne pas avoir su
Que certains préfèrent prendre
Coupable d'avoir tardé à comprendre
Que ce qu’ils m’ont pris
Je me devais de leur offrir.

L’amour que je n’ai pas donné
Je l’ai volé gaspillé perdu.

Que les oiseaux me pardonnent

JMS

 

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B
Là-bas, au loin, un hibou perdu dans la grande forêt de la bienveillance distribue le pardon que les hommes déshonorent. S’envolent des griffes usurpatrices des baisers pour les jouent qui attendent le sursaut de la bonne volonté. Et puis, tu sais, lorsqu’elle se planque, faut persister à saluer les arbres qui maintiennent dans leurs branchages la franchise compassionnelle des cœurs ouverts comme des citrons que le soleil éventre.
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J
Bonjour B
Tu sais je suis un grand mécréant, mais quand vois un arbre coupé ou un chat tué par une voiture, je ne peux m’empêcher de demander pardon à la vie de ce qu’on lui a volé. Peut-être ai-je atteint l’âge de réflexion mais maintenant, je crois plus que jamais que, si on s’attardait moins dans cette parenthèse de la vie où l’on croit qu’il est important de prendre, de stocker, d’engranger, de posséder femmes-objets-compte en banque, que si on se contentait du nécessaire, on verrait que notre seule richesse est le bonheur qu’on peut offrir.
Et pourtant, mes textes parlent davantage de bonheur blessé que du cri de la beauté !
Peut-être que je me fourvoie quand ma voix s’insurge davantage qu'elle n'exalte le bonheur, mais à chacun ses contradictions.Mais la franchise des feuillages reste et c'est bien cela qui compte.
Grand merci pour ta visite et ton commentaire
Jean-Michel